Par René DOKOU, le 15 Avril 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo vient de franchir une étape décisive dans l’élaboration de sa politique agricole, avec la présentation des résultats préliminaires du 5ᵉ Recensement national agricole (RNA-5).
Selon les données dévoilées la semaine dernière dans plusieurs préfectures, dont celles des Lacs et d’Agoé-Nyivé, 677 692 ménages agricoles ont été recensés à travers tout le pays, dont 85 % en zone rurale.
Ces chiffres confirment la prédominance de l’agriculture familiale et soulignent plusieurs fragilités structurelles. Fait marquant, 78 % des exploitants agricoles ne disposent d’aucune garantie foncière, les exposant ainsi à une insécurité persistante. Cette réalité freine considérablement les investissements à long terme, pourtant indispensables à la transformation du secteur.
Autre constat alarmant : 57 % des ménages cultivent sur des superficies inférieures ou égales à deux hectares, avec une mécanisation quasi absente – seulement 6,24 % des exploitants utilisent des tracteurs. La traction animale reste majoritaire (33 %), tandis que l’irrigation reste marginale (4 %), souvent pratiquée de manière manuelle.
Pour les autorités, ces données permettent déjà d’identifier les priorités. Le ministère de l’Agriculture voit dans le recensement un levier stratégique aligné avec la feuille de route gouvernementale à l’horizon 2025. Il s’agit notamment de renforcer la sécurité alimentaire, promouvoir l’égalité de genre dans le monde rural et accroître la résilience climatique.
Du côté de l’élevage, les premières analyses révèlent une prédominance de la volaille (50 %), suivie des caprins (21 %) et des bovins (7 %), une configuration qui pourrait orienter les futures politiques de soutien aux filières animales.
La seconde phase du recensement, lancée le 7 avril, s’intéresse désormais aux productions vivrières, à la pêche, à l’arboriculture et aux systèmes d’élevage. Elle vise à dresser un portrait plus complet des réalités rurales, afin d’identifier les leviers d’investissement et structurer les chaînes de valeur agricoles de manière durable.
Ce vaste chantier statistique pourrait bien marquer un tournant dans la modernisation de l’agriculture togolaise, à condition que les constats posés soient suivis d’actions concrètes.
















