Par René DOKOU, le 24 Septembre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le 3 septembre 2026 à Lomé, l’Administrateur général de l’Autorité de Coordination de la Plateforme industrielle d’Adétikopé a défendu une idée forte : un partenariat public-privé ne se réduit pas à la recherche de fonds. Il sert à transformer une ambition d’État en réalisation tangible.
Au-delà de la levée de capitaux
Le partenariat public-privé (PPP) n’est-il qu’un moyen de boucler un financement ? Pour le lieutenant-colonel Idiola Sandah, Administrateur général de l’Autorité de Coordination de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (ACP), la réponse est non. Devant les participants de la Conférence de haut niveau sur les contrats de partenariat public-privé, il a plaidé pour un changement de regard : le PPP n’est pas une béquille budgétaire pour un État à court de moyens. Bien pensé, il agit comme un accélérateur de transformation industrielle.
Cette lecture s’appuie sur un cas concret, celui de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), que l’ACP pilote et dont elle défend le modèle. La PIA est présentée comme l’un des exemples les plus significatifs de PPP mis en œuvre au Togo. Elle sert ici de laboratoire à taille réelle.
Des chiffres qui parlent
Les principes ne pèsent que s’ils s’incarnent. La PIA est née d’un partenariat entre l’État togolais et Arise IIP, qui associe dans une même dynamique infrastructures industrielles et logistiques. Le projet a convaincu le secteur bancaire. Selon des sources consacrées au retour d’expérience de la plateforme, un financement de 145 millions d’euros a été mobilisé avec le concours d’Afreximbank, d’Ecobank et de BIA Togo.
Ce résultat montre qu’un projet solidement structuré inspire confiance aux investisseurs. Pour l’Administrateur général, il ne se comprend pourtant qu’à la lumière de ce qui l’a rendu possible : une vision claire, un partage maîtrisé des responsabilités et une coordination efficace. Son intervention n’avait donc rien d’un exercice de style institutionnel. Elle reposait sur une expérience opérationnelle.
Deux logiques, un même cap
Sur le fond, Idiola Sandah a insisté sur la complémentarité des rôles. Selon lui, un PPP réussi ne se contente pas de mettre côte à côte des compétences. Il les fait converger vers un objectif commun.
L’État y apporte ce que lui seul peut offrir : le pouvoir de régulation, la sécurité juridique, la coordination institutionnelle et la capacité d’entraîner les différents services publics. Le partenaire privé y ajoute son savoir-faire, ses moyens, sa force d’investissement et sa réactivité sur le terrain.
L’expérience de la PIA illustre cette articulation. Un PPP bien conçu ne cherche pas seulement des capitaux : il crée les conditions pour que les capacités de la puissance publique et celles du secteur privé se rejoignent autour d’un même projet. C’est l’un des messages centraux que l’ACP a relayés à l’issue de la conférence.
Penser en écosystème
Cette philosophie se lit dans l’architecture même de la plateforme. Infrastructures industrielles, dispositifs logistiques, services connexes et activités de transformation y sont conçus comme un tout cohérent. L’idée est de rapprocher production, transformation et logistique pour favoriser la création de valeur et l’essor de chaînes industrielles locales.
Dans cette perspective, le PPP devient un outil au service de l’investissement, de la production nationale et de la souveraineté économique. Le modèle se juge donc moins au montant levé qu’à sa capacité de bâtir un tissu productif durable.
L’ACP, garante de la cohérence
À travers son Administrateur général, c’est aussi le rôle de l’ACP qui a été mis en lumière. Son action ne se limite pas à l’accompagnement d’un dispositif administratif. Elle veille à la fluidité des relations entre les parties prenantes et à la cohérence d’un modèle qui doit concilier exigences publiques, impératifs industriels et performance opérationnelle.
La mission est exigeante : faire en sorte que la vision stratégique de l’État se traduise en résultats visibles sur le terrain. Pour l’ACP, la PIA est en quelque sorte l’épreuve du feu de cette capacité de coordination, un grand projet industriel où la cohérence institutionnelle est une condition de réussite.
Une tribune pour partager l’expérience
Idiola Sandah s’exprimait lors de la troisième table ronde de la conférence, consacrée aux retours d’expérience et aux projets structurants. Il y portait la voix de la PIA devant des décideurs publics, des investisseurs, des experts et des acteurs économiques venus des quatre coins du secteur. Les échanges portaient sur les conditions de réussite des PPP et sur leur contribution à la transformation économique du Togo.
Sa communication a été jugée structurée, pédagogique et tournée vers les résultats. Elle a relié dans un même fil vision, gouvernance, financement, coordination et exécution.
Un modèle appelé à faire école
De cette intervention se dégage un message : la PIA n’est pas seulement une infrastructure industrielle, c’est aussi une source d’enseignements pour les futurs grands projets du pays. C’est dans cette logique que l’ACP entend inscrire son action. En portant l’expérience de la plateforme dans les espaces de réflexion sur les PPP, elle contribue à documenter un modèle, à en expliquer les ressorts et à préciser les conditions de sa réussite.
À Lomé, l’ACP a donc défendu bien plus qu’un mécanisme contractuel. Par la voix de son Administrateur général, elle a exposé une conception exigeante du PPP, fondée sur la complémentarité des forces, la performance et la recherche de résultats. Cette approche conforte la PIA dans son ambition de devenir une référence togolaise en matière de partenariat public-privé et un modèle susceptible d’inspirer d’autres projets structurants.
Un partenariat public-privé n’a de valeur que s’il transforme une ambition de développement en projet concret et durable : c’est la leçon qu’Adétikopé entend désormais faire entendre.
















