Rougeole : Blitta et l’Ogou basculent en épidémie

0
83

Par René DOKOU, le 24 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo fait face à un regain de rougeole. Depuis le début de septembre 2026, les autorités sanitaires observent une hausse marquée des cas dans deux districts, Blitta et l’Ogou, désormais officiellement déclarés en situation épidémique. Le gouvernement appelle la population à la vigilance et à la vaccination.

Deux districts sous haute surveillance

C’est le dispositif national de veille épidémiologique qui a tiré la sonnette d’alarme. Il a relevé une progression inhabituelle des infections à Blitta, dans la région Centrale, et dans l’Ogou, situé dans la région des Plateaux. Le nombre de cas enregistrés a franchi le seuil qui justifie la déclaration d’une épidémie dans ces deux circonscriptions sanitaires.

Cette qualification permet de déclencher des moyens de riposte renforcés et de concentrer l’attention des équipes de santé sur les zones concernées. Elle vise aussi à empêcher que la maladie ne gagne les districts voisins.

Une riposte déjà en marche

Le ministère de la Santé a annoncé une série de mesures, sans en dresser une liste exhaustive. Les équipes de terrain vont d’abord intensifier la recherche active des malades afin de les repérer rapidement et de leur assurer une prise en charge adaptée. La surveillance épidémiologique est également renforcée, avec un système d’alerte précoce destiné à détecter sans délai tout nouveau foyer.

Un volet de sensibilisation complète le dispositif. Les habitants doivent être informés des gestes de prévention et de la conduite à tenir dès l’apparition de signes suspects.

Le vaccin, premier rempart

Les autorités le martèlent : la rougeole est une maladie que l’on peut éviter. Le vaccin, sûr et efficace, demeure la protection de référence. Les parents sont donc invités à faire vacciner leurs enfants conformément au calendrier fixé par le Programme élargi de vaccination (PEV).

Cette recommandation prend un relief particulier en période d’épidémie. Un enfant non vacciné, ou dont la vaccination est incomplète, se trouve en première ligne face à un virus qui ne pardonne guère les failles de la couverture vaccinale.

Un virus qui se propage très facilement

La rougeole compte parmi les maladies les plus contagieuses. Elle est provoquée par un virus que les personnes infectées expulsent dans de fines gouttelettes de salive lorsqu’elles toussent ou éternuent. Une personne non protégée peut être contaminée en les respirant directement.

La transmission peut aussi être indirecte. Les mains, les objets touchés par un malade et les mouchoirs souillés peuvent véhiculer le virus jusqu’à la bouche, au nez ou aux yeux d’une personne saine. Cette facilité de diffusion explique la rapidité avec laquelle un foyer peut s’étendre dans une communauté, en particulier là où la promiscuité est forte.

Personne n’est à l’abri par principe : la maladie touche les individus de tout âge dès lors qu’ils ne sont pas immunisés.

Repérer les signes sans attendre

Le tableau clinique est assez reconnaissable. Il associe une fièvre, des boutons qui apparaissent sur le corps et des manifestations respiratoires ou oculaires : toux, rhume ou conjonctivite. Devant ces symptômes, il ne faut pas attendre que l’état du malade s’aggrave.

Les autorités demandent de se rendre sans tarder dans la formation sanitaire la plus proche. La rougeole se soigne lorsqu’elle est dépistée et traitée tôt, alors qu’un retard de prise en charge expose à des complications parfois sévères, surtout chez les jeunes enfants.

Trois réflexes du quotidien

Au-delà de la vaccination, le gouvernement recommande d’adopter des habitudes simples qui limitent la circulation du virus. Il faut se laver régulièrement les mains, à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique. Il faut aussi tousser ou éternuer dans un mouchoir ou dans le pli du coude, jamais dans la main. Enfin, on évitera de se toucher le visage, en particulier les yeux, la bouche et le nez, qui sont les portes d’entrée privilégiées du virus.

Ces gestes ne remplacent pas le vaccin, mais ils réduisent sensiblement les risques de contamination, dans les familles comme dans les écoles, les marchés et les lieux de culte.

Un effort collectif et durable

Dans son message, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi, invite chaque citoyen et chaque citoyenne à faire preuve de vigilance et de responsabilité, et à appliquer strictement les mesures de prévention. Selon lui, la lutte contre la rougeole concerne toute la société et suppose une mobilisation collective, permanente et disciplinée.

L’avis a été rendu public à Lomé, le 23 septembre 2026. Les prochaines semaines diront si la riposte engagée à Blitta et dans l’Ogou suffira à contenir la flambée.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici