Par René DOKOU, le 26 Août 2026
(IMPARTIAL ACTU)-Cette semaine, les autorités sanitaires ont validé les modules du National Malaria Data Repository, une plateforme numérique conçue pour rassembler et exploiter les informations relatives à la maladie.
Au cœur de cette innovation, l’objectif est clair : disposer de données fiables et structurées afin de suivre l’évolution du paludisme, identifier les zones les plus vulnérables et adapter les interventions en conséquence. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, particulièrement exposés aux formes graves, figurent parmi les principales cibles de cette stratégie.
La plateforme ambitionne également de renforcer la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la prévention et la prise en charge, en offrant un outil commun de suivi et d’évaluation.
Une stratégie axée sur la donnée
La centralisation des informations ne se limite pas à un exercice technique. Elle doit permettre de mesurer l’efficacité des campagnes menées sur le terrain et d’orienter les ressources vers les zones prioritaires. Les données collectées serviront aussi à évaluer l’impact des politiques publiques et à ajuster les dépenses de santé.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée par le pays. En juillet 2026, une campagne nationale avait permis de distribuer 5,66 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide, après un recensement numérique des ménages. Cette opération illustre la volonté des autorités de s’appuyer sur des outils technologiques pour optimiser la couverture sanitaire.
Vaccination et prévention renforcée
Depuis septembre 2025, le Togo a intégré le vaccin antipaludique R21/Matrix-M dans son programme élargi de vaccination. Chaque année, environ 269 000 enfants sont ciblés par ce dispositif, recevant quatre doses entre 5 et 15 mois. Cette mesure constitue un complément essentiel aux campagnes de distribution de moustiquaires et aux actions de sensibilisation.
Le recours à la vaccination traduit une approche intégrée, combinant prévention, traitement et suivi numérique. L’ensemble vise à réduire significativement la mortalité et la morbidité liées au paludisme, qui demeure l’une des principales causes de décès infantiles en Afrique subsaharienne.
Un enjeu financier majeur
Au-delà des aspects techniques et médicaux, la lutte contre le paludisme reste tributaire des financements. Le Togo cherche à mobiliser près de 50 milliards FCFA auprès du Fonds mondial pour soutenir, entre 2027 et 2029, ses programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.
Cette recherche de ressources traduit la volonté du pays de consolider ses acquis et de garantir la pérennité des dispositifs mis en place. Les bailleurs internationaux sont ainsi appelés à accompagner cette stratégie, qui repose sur une combinaison de prévention, d’innovation technologique et de coordination institutionnelle.
Vers une meilleure gouvernance sanitaire
La validation du National Malaria Data Repository marque une avancée significative dans la gouvernance sanitaire du pays. En dotant ses institutions d’un outil numérique de suivi, le Togo se donne les moyens de renforcer la transparence, d’améliorer la planification et de rendre plus efficaces les interventions.
Cette démarche illustre une conviction : la bataille contre le paludisme ne peut être gagnée qu’en s’appuyant sur des données précises, une coordination renforcée et des financements durables.
En définitive, la plateforme numérique validée cette semaine n’est pas seulement un instrument technique. Elle incarne une nouvelle manière de concevoir la lutte contre le paludisme, en plaçant l’information au cœur de la décision publique et en donnant aux acteurs de terrain les moyens d’agir avec plus de pertinence.
















