Par René DOKOU, le 27 Novembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)-Du Centre au grand Nord, les infrastructures routières togolaises vivent une véritable mutation. À mesure que les travaux avancent, les localités longtemps isolées se reconnectent, les échanges s’intensifient et les perspectives de développement se renforcent.
L’État, appuyé par ses partenaires, multiplie depuis plusieurs années les projets pour moderniser les routes du septentrion, avec l’ambition de changer durablement le visage de la région.
À Sotouboua 1, dans la région centrale, le mouvement est déjà visible. Depuis septembre 2025, 7,7 kilomètres de voiries font l’objet d’un vaste programme de reprofilage et de drainage. Financé par le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT 2025) et la Safer, ce chantier marque un tournant pour la commune. Outre la fluidité accrue de la circulation, il prépare l’arrivée de futurs aménagements : modernisation de la voirie, éclairage public et renforcement du système d’assainissement. Une dynamique qui devrait repositionner Sotouboua comme un espace urbain plus fonctionnel et mieux équipé.
Plus au nord, la région de la Kara affiche, elle aussi, des avancées significatives. En 2024, 551,86 kilomètres de routes nationales y ont été entretenus, un volume important dans le total de 2 384,41 kilomètres pris en charge à l’échelle du pays. Ce chiffre illustre le rôle stratégique de la Kara dans la politique nationale d’entretien et d’amélioration du réseau routier. La BOAD l’a bien compris : l’institution a approuvé un financement de 30 milliards de francs CFA destiné à l’aménagement et au bitumage de la route Tchaasémondè–Gandé–Agbang, située au nord-est. Un projet qui vise autant à désenclaver les zones rurales qu’à fluidifier les échanges avec le Bénin voisin.
Dans la même dynamique, un autre axe structurant progresse dans la région centrale. Le tronçon Aléhéridè–Kpaza–Tchamberi, long de 30 kilomètres, bénéficie d’une modernisation intégrale. Débutés il y a plus d’un an, les travaux prévoient un élargissement de la chaussée et la construction de plusieurs ouvrages de franchissement. L’objectif : sécuriser davantage la circulation et réduire les temps de trajet vers les écoles, les marchés et les centres de santé. Dans cette zone proche de la Nationale 1, chaque avancée rapproche un peu plus les populations du poumon économique du pays.
Mais c’est à Sokodé que se déploie l’un des chantiers les plus emblématiques de ces dernières années : la voie de contournement longue de 16 kilomètres. Lancée en janvier 2025 par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cette infrastructure redessine entièrement le schéma de mobilité de la ville. Reliant Tchalo à Kidéoudè via un tracé ouest qui croise la RN17, elle est conçue selon les standards internationaux : deux tronçons bitumés, chaussée de 7 mètres, accotements latéraux et emprise de 70 mètres. Avec un coût global estimé à 24,5 milliards de francs CFA, financé grâce à un partenariat avec le Japon, cette voie permettra de détourner le trafic lourd du centre-ville, d’améliorer la fluidité régionale et de stimuler de nouvelles activités économiques le long du corridor.
À mesure que les infrastructures prennent forme, une réalité s’impose : le nord du Togo est en pleine renaissance. Longtemps pénalisée par l’état de ses routes, la région devient progressivement un pôle de circulation, d’opportunités et de dynamisme. Une transformation qui s’ancre dans la durée et redessine, chantier après chantier, les perspectives du pays.
















