Par René DOKOU, le 21 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- À 77 ans, Claude Le Roy n’a rien perdu de son franc-parler. Figure respectée et emblématique du football africain, l’ancien sélectionneur multiplie les prises de position tranchées. Sa dernière sortie, à propos de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, a provoqué une onde de choc : il n’exclut pas un boycott des pays africains.
Initialement interrogé sur la récente finale perdue par le Maroc, Claude Le Roy a rapidement dépassé le cadre sportif. Pour lui, le malaise est plus profond et touche à la gouvernance même du football mondial. L’ancien sélectionneur des Éperviers du Togo dénonce une FIFA qu’il juge éloignée du terrain et indifférente aux réalités africaines.
Dans un discours sans concession, il s’en prend directement à Gianni Infantino, critiquant sa proximité affichée avec le président américain Donald Trump. « Le football, c’est la vie. Ce n’est pas en paradant dans le Bureau ovale ou à Mar-a-Lago qu’on défend les valeurs du jeu », lance-t-il, fustigeant un contexte politique qu’il estime hostile à l’Afrique, notamment à travers les décisions américaines affectant les ONG sur le continent.
Claude Le Roy va plus loin en posant une question lourde de sens : « Faut-il appeler au boycott de la Coupe du monde 2026 ? » Une interrogation qu’il relie directement au comportement de l’administration américaine et à l’attitude de la FIFA. À ses yeux, le football de haut niveau a changé de boussole. « On ne parle plus jamais de football, seulement d’argent », déplore-t-il.
Sans appeler officiellement à une action collective, l’ancien sélectionneur ouvre un débat explosif. Celui du rôle politique du football et de la place accordée à l’Afrique dans un système mondial qu’il juge de plus en plus dominé par les intérêts financiers et diplomatiques, au détriment de l’essence même du jeu.
















