Par René DOKOU, le 31 Août 2025
(IMPARTIAL ACTU)- À l’occasion de la 23ᵉ Journée africaine de la médecine traditionnelle, célébrée le 31 août, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à travers son bras technique en matière de santé, l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), a réaffirmé son engagement à faire de la médecine traditionnelle un levier crédible du bien-être des populations.
Dans son message solennel, le directeur général de l’OOAS, Melchior Athanase Joël, a rappelé que cette journée, instituée par l’Union africaine, « constitue un moment fort de réflexion collective et d’action concertée autour d’un patrimoine culturel et médical profondément enraciné dans nos communautés ».
Un thème qui interpelle
Le thème retenu cette année « Renforcer la base factuelle sur la médecine traditionnelle » met en lumière un enjeu central : comment consolider scientifiquement des pratiques transmises depuis des siècles, afin de les inscrire durablement dans les politiques publiques de santé.
Pour M. Joël, « il ne s’agit plus seulement de préserver un héritage, mais de franchir une étape décisive : appliquer la rigueur de la science moderne aux connaissances ancestrales pour leur donner toute la reconnaissance qu’elles méritent ».
La nécessité d’une preuve scientifique
La médecine traditionnelle, largement utilisée en Afrique subsaharienne, demeure une ressource vitale pour des millions de personnes, notamment en zones rurales où l’accès aux structures de santé modernes reste limité. Cependant, elle souffre d’un déficit de validation scientifique qui fragilise sa crédibilité et limite son intégration dans les systèmes nationaux de santé.
« Renforcer la base factuelle », selon le patron de l’OOAS, signifie documenter, tester et évaluer les remèdes traditionnels à l’aide de protocoles scientifiques rigoureux. C’est la condition, dit-il, pour garantir leur efficacité, leur sécurité et leur qualité.
L’engagement de la CEDEAO
Depuis plusieurs années, la CEDEAO et l’OOAS multiplient les initiatives pour encadrer et promouvoir les pratiques traditionnelles. Des programmes de formation, de recherche et de réglementation ont été mis en place dans les États membres, avec pour objectif d’accompagner les praticiens traditionnels et de favoriser leur collaboration avec les professionnels de santé modernes.
« Nous voulons bâtir des ponts entre deux univers qui, loin de s’opposer, doivent se compléter au bénéfice des populations », a insisté M. Joël.
Un patrimoine à valoriser
Au-delà de l’enjeu sanitaire, la médecine traditionnelle constitue également un atout culturel et économique. L’Afrique de l’Ouest regorge d’une biodiversité exceptionnelle et d’un savoir empirique transmis de génération en génération. Valoriser ce patrimoine, c’est aussi protéger une identité et offrir des perspectives d’innovation dans le domaine pharmaceutique.
Un appel à l’action
Pour l’OOAS, la Journée africaine de la médecine traditionnelle n’est pas qu’une commémoration symbolique. Elle doit être « un point de départ pour renforcer la recherche, harmoniser les cadres réglementaires et mobiliser des partenariats solides entre chercheurs, institutions et praticiens ».
M. Joël conclut en appelant les gouvernements, les universités, les laboratoires et les communautés locales à « travailler ensemble pour transformer les savoirs traditionnels en solutions fiables, accessibles et durables pour les générations présentes et futures ».
En réaffirmant ce cap, la CEDEAO et son agence spécialisée en santé se positionnent comme acteurs clés d’une ambition partagée : donner à la médecine traditionnelle africaine la place qu’elle mérite dans le paysage mondial de la santé, à la croisée de l’histoire, de la science et du développement.
















