Manifestations au Togo : la solution du Juriste et Spiritualiste Vincent Koudoh pour l’apaisement 

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Par René DOKOU, 25 Juin 2025

(IMPARTIAL ACTU)-  Alors que le Togo s’apprête à vivre trois nouvelles journées de manifestations les 26, 27 et 28 juin, les voix en faveur du dialogue se font entendre. Parmi elles, celle de Vincent Koudoh, juriste, spiritualiste et responsable de la vision « PARADIS », qui invite les Togolais à la retenue et les gouvernants à l’écoute.

Entre rêve et réalité, un plaidoyer pour une gouvernance inspirée et inclusive 

À travers une conférence de presse tenue mercredi 25 juin 2025 à Lomé, il a livré un message double : respect des autorités, mais aussi reconnaissance et prise en compte des revendications du peuple.

Un pays en crise, mais pas sans espoir

Depuis plusieurs mois, le climat politique togolais est tendu. Une jeunesse mobilisée, des voix critiques issues de la société civile, et un gouvernement accusé de surdité face aux aspirations populaires. Les manifestations, de plus en plus fréquentes, traduisent une fracture entre les dirigeants et une partie de la population, notamment les jeunes. Cette impasse inquiète les observateurs, et suscite l’intervention de personnalités appelant à la modération.

C’est dans ce contexte que la vision « PARADIS » s’est exprimée publiquement. M. Koudoh n’a pas seulement évoqué la situation politique ; il l’a replacée dans une perspective spirituelle. « Les textes spirituels enseignent la soumission aux autorités, mais aussi l’importance de la négociation dans les périodes de tensions », a-t-il déclaré, soulignant que pousser les jeunes à la révolte, c’est aussi, selon lui, les détourner du divin.

Respect et responsabilité : un équilibre nécessaire

Le message du spiritualiste ne se veut pas partisan. Il invite à un changement d’attitude réciproque. Aux jeunes et manifestants, il recommande de faire preuve de respect envers les institutions. Aux gouvernants, il demande de se mettre à l’écoute de la souffrance populaire, d’accepter le dialogue et d’accueillir la critique comme une opportunité d’amélioration.

Dans un ton solennel, Koudoh s’est même agenouillé symboliquement devant les autorités, implorant leur clémence et leur capacité à pardonner : « L’oppression, la souffrance, le manque et les difficultés de la vie peuvent pousser un sage à agir comme un fou. Ces jeunes que nous voyons aigris aujourd’hui, il faut les comprendre, leur tendre la main et passer l’éponge sur les événements en cours. »

Une vision théocratique pour une gouvernance inspirée

Au cœur du message de « PARADIS », il y a l’idée d’un retour à une gouvernance inspirée par les valeurs spirituelles. Dans son projet baptisé TRAPIG (Travaux Paradisiens d’Intérêt Général), Koudoh imagine une société togolaise pacifiée, active et responsable, engagée dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) dans une harmonie entre foi et action publique.

Selon lui, le Togo peut devenir un laboratoire d’expérimentation d’une démocratie à la fois inclusive, participative et spirituelle. Il propose même la création d’un ministère de la « Conformité des Actions du Gouvernement à la Volonté du Peuple », qui permettrait à des figures issues de la société civile et des médias d’être pleinement impliquées dans la conduite des affaires de l’État.

Un rêve politique : la réconciliation des figures opposées

Dans une déclaration étonnante, Koudoh a partagé une vision nocturne dans laquelle il aurait vu une réconciliation entre le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, et le journaliste d’investigation Ferdinand Ayité, farouche critique du régime.

« Dans ma vision, Ferdinand Ayité fait partie du prochain gouvernement, celui de la 5ᵉ République », affirme-t-il. Un symbole fort de réconciliation nationale, qui selon lui, ouvrirait la voie à une nouvelle ère politique. Il précise que cette vision est conditionnée par un esprit de pardon, sans lequel aucune paix durable ne serait possible.

L’horizon d’un paradis togolais

Fidèle à sa vocation spirituelle, Vincent Koudoh rappelle que son engagement s’inscrit dans une compréhension profonde des Écritures. Il cite notamment la Genèse, insistant sur la mission confiée à l’homme de transformer la Terre en paradis. C’est, selon lui, le fondement de son appel à l’action : éveiller les consciences, inciter à l’auto-emploi, restaurer la dignité humaine par le travail et la foi.

Il projette même d’exporter cette vision au-delà des frontières, notamment en Haïti, qu’il considère comme un autre territoire spirituellement prêt à renaître à travers ce modèle.

La voie du juste milieu

Entre une jeunesse en colère et des dirigeants sur la défensive, la voix de la vision « PARADIS » s’élève comme une tentative de médiation. Elle ne nie pas les difficultés, ni les injustices, mais appelle à un dépassement spirituel et civique.

« Faisons notre part, et les autorités suivront », résume Vincent Koudoh. Un message de co-construction, de responsabilité partagée et d’espérance. À l’heure où les manifestations se multiplient, ce genre d’appel pourrait bien être un signal faible… mais porteur.

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