L’OMS veut accélérer la couverture sanitaire universelle en Afrique

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Par René DOKOU, le 16 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Du 15 au 17 septembre 2026, Lomé s’impose comme capitale régionale de la réflexion sanitaire. La ville a accueilli un atelier de haut niveau consacré à la couverture sanitaire universelle (CSU), réunissant des experts venus de près de cinquante pays africains. La cérémonie d’ouverture, présidée par Dr Josée Yawa Djatugbé Apetsianyi, Directrice Générale des Études, de la Planification et de l’Information Sanitaire, a marqué le lancement d’une plateforme technique destinée à accélérer les réformes.

L’OMS et les États face aux défis

Cette rencontre, organisée sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vise à dresser un bilan des progrès réalisés depuis l’adoption du cadre régional de 2017. Les discussions portent sur l’extension des soins de santé primaires, la protection financière des populations et les ajustements stratégiques nécessaires pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030.

Des chiffres qui interpellent

Selon Dr Hamadou Nouhou, représentant résident de l’OMS au Togo, l’indice de couverture des services de CSU en Afrique plafonne à 50 %, contre une moyenne mondiale de 80 %. Cet écart illustre l’urgence d’accélérer les efforts. La croissance démographique accentue la pression : le nombre de personnes privées de couverture complète est passé de 576 millions en 2017 à 609 millions en 2025, et pourrait atteindre 652 millions en 2030 si le rythme actuel perdure.

Le Togo, vitrine d’engagement politique

Dans son allocution, Dr Apetsianyi a mis en avant l’expérience togolaise. Le pays a adopté en 2021 la loi instituant l’assurance maladie universelle (AMU), suivie en 2023 de onze décrets d’application. Depuis 2024, l’AMU est opérationnelle sur l’ensemble du territoire, couvrant déjà près de 30 % de la population. L’ambition affichée est d’atteindre 80 % de couverture des travailleurs du secteur informel d’ici 2030.

Accessibilité et inclusion sociale

Les progrès sont tangibles : l’accessibilité géographique aux soins a atteint 90,7 % en 2022, soit une hausse de près de 20 % en deux ans. Le pays a également misé sur une approche communautaire innovante des soins primaires. Un essai clinique publié dans Pediatrics a démontré qu’un modèle intégré déployé dans le nord du Togo a réduit de 29 % la mortalité infantile. Ce programme, couvrant plus de 180 000 personnes, illustre la pertinence d’une stratégie de proximité.

Le programme WEZOU, symbole d’inclusion
Lancé en 2020, le dispositif WEZOU accompagne les femmes enceintes et les nouveau-nés. Plus de 4 millions de prestations ont été assurées, réduisant considérablement les risques sanitaires et financiers liés à la maternité. Ce programme traduit la volonté de ne laisser personne de côté, en particulier les groupes vulnérables.

Une coopération renforcée avec l’OMS

Les avancées du Togo s’inscrivent dans un partenariat étroit avec l’OMS. La Stratégie de Coopération Pays 2024‑2028 définit quatre priorités : renforcer le système de santé et la santé communautaire, élargir l’accès à des services essentiels de qualité, lutter contre les maladies et les déterminants sociaux, et améliorer la préparation aux urgences sanitaires.

Des obstacles persistants

Malgré ces progrès, les défis restent considérables. La protection financière demeure insuffisante : en 2025, 33 % des ménages africains étaient encore confrontés à des dépenses de santé catastrophiques, un chiffre quasi inchangé depuis 2017. Le nombre de personnes concernées est passé de 391 millions à 491 millions et pourrait atteindre 561 millions en 2030.

Vers une accélération des réformes

Dr Abdourahmane Diallo, Directeur de la Gestion des Programmes à l’OMS, a rappelé que « la Région africaine a démontré qu’il est possible de progresser vers la CSU, mais le rythme actuel ne suffira pas ». Les pays doivent renforcer les soins primaires, adapter leurs approches aux réalités locales et garantir des soins de qualité accessibles sans difficultés financières.

Un cadre régional en mutation

Depuis 2017, le nombre de pays affichant un indice de couverture inférieur à 40 est passé de 17 à seulement deux en 2025. Toutefois, aucun État membre ne devrait atteindre le seuil de 80 % d’ici 2030. Les inégalités persistantes, les urgences sanitaires récurrentes et les contraintes budgétaires imposent une révision du cadre régional pour l’adapter aux nouveaux défis.

Les priorités de la prochaine phase
Les discussions de Lomé ont permis d’identifier plusieurs axes :

Renforcement des soins primaires pour rapprocher les services des communautés.

Protection financière accrue afin d’éviter l’appauvrissement lié aux dépenses de santé.

Formation et adaptation du personnel aux besoins spécifiques des populations.

Accès aux technologies essentielles pour garantir des soins modernes et efficaces.

Utilisation optimale des données pour orienter les politiques publiques.

Une échéance qui se rapproche

À quatre ans de 2030, l’Afrique doit passer de la simple poursuite des efforts à une véritable accélération. L’objectif est clair : faire en sorte que chaque citoyen, où qu’il vive, puisse bénéficier de soins de qualité sans subir de difficultés financières.

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