Par René DOKOU, le 05 Juillet 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Réunis à Lomé le 3 juillet 2026, les ministres des Affaires étrangères de vingt pays africains, accompagnés de représentants du Moyen-Orient et d’organisations internationales, ont adopté une déclaration finale sur les impacts de la crise au Moyen-Orient. La rencontre, présidée par le chef de l’État togolais Faure Essozimna Gnassingbé, s’est tenue en présence du président sierra-léonais Julius Maada Bio, actuel dirigeant de la CEDEAO.
Des inquiétudes partagées
Les délégations ont exprimé une vive préoccupation face à l’aggravation des tensions géopolitiques et militaires dans la région du Golfe. Les conséquences humanitaires, économiques et sécuritaires de cette crise sont jugées particulièrement lourdes pour l’Afrique. Les ministres ont rappelé que la volatilité des marchés énergétiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les risques d’insécurité alimentaire fragilisent directement les économies africaines.
Les menaces sécuritaires aux portes du continent
Au-delà des impacts économiques, les participants ont souligné que la proximité géographique du Moyen-Orient expose l’Afrique à des menaces transnationales accrues. Terrorisme, désinformation, cybersécurité et protection des infrastructures critiques figurent désormais parmi les priorités stratégiques. Les ministres ont insisté sur la nécessité d’adapter les dispositifs africains de défense et de renforcer les mécanismes d’alerte précoce dans les zones frontalières.
Vers une autonomie stratégique africaine
La conférence a mis en lumière les limites structurelles des économies africaines face aux chocs exogènes. Les ministres ont plaidé pour une diversification accrue, une industrialisation accélérée et une consolidation du commerce intra-africain. La Zone de libre-échange continentale africaine est apparue comme un levier essentiel pour bâtir une résilience économique durable. Par ailleurs, la souveraineté énergétique a été présentée comme une priorité, avec un appel au développement des infrastructures de raffinage, des énergies renouvelables et des interconnexions régionales.
La sécurité alimentaire au cœur des débats
Les participants ont exhorté les États africains à intensifier leurs efforts en matière de production agricole et de transformation agroalimentaire. La constitution de réserves stratégiques régionales a été proposée comme solution pour prévenir les crises alimentaires et réduire la dépendance aux importations.
Un plaidoyer pour la paix et la désescalade
Sur le plan diplomatique, les ministres ont lancé un appel pressant aux parties impliquées dans le conflit au Moyen-Orient afin qu’elles fassent preuve de retenue. Les violences contre les populations civiles ont été fermement condamnées. Les participants ont réaffirmé que les solutions militaires ne sauraient garantir une paix durable et que le dialogue doit rester au centre des efforts de règlement.
Soutien aux initiatives de médiation
La déclaration finale salue les efforts de médiation menés par le Pakistan, le Qatar et Oman, ainsi que la conclusion du mémorandum d’accord entre les États-Unis et l’Iran le 17 juin 2026. Les ministres encouragent la poursuite des négociations inclusives et la consolidation des acquis de la désescalade. La sécurité des voies maritimes internationales et la stabilité énergétique mondiale ont été identifiées comme des enjeux cruciaux pour l’économie planétaire.
Coopération renforcée entre l’Afrique et le Moyen-Orient
La conférence a également mis en avant l’importance du dialogue stratégique entre les deux régions. Les ministres ont salué la participation active des États du Moyen-Orient aux travaux, qui ont permis de développer une compréhension partagée des conséquences de la crise. Les échanges ont jeté les bases d’une coopération structurée dans les domaines de la paix, de la sécurité, de l’énergie, de l’agriculture, du commerce et de la formation.
Préserver les espaces stratégiques mondiaux
Les participants ont reconnu que des zones telles que le détroit d’Ormuz, Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le canal de Suez constituent des biens communs dont la préservation est essentielle pour l’humanité. Ils ont appelé à une mobilisation accrue des acteurs régionaux et internationaux afin de garantir la sécurité de ces espaces stratégiques et de favoriser un climat propice au dialogue.
Le rôle du Togo salué
La République togolaise a été félicitée pour son leadership dans l’organisation de cette conférence extraordinaire. Les ministres ont souligné l’engagement constant de Lomé en faveur du dialogue, de la paix et de la coopération internationale.
Une vision partagée pour l’avenir
La déclaration finale réaffirme la volonté commune des États africains de promouvoir un ordre international fondé sur le respect mutuel, la souveraineté des nations et la prospérité partagée. Les ministres ont exprimé l’espoir que les efforts de médiation et de coopération encouragés à Lomé contribueront à instaurer une coexistence pacifique et durable.
Un cadre de dialogue stratégique en gestation
Enfin, les participants ont décidé de mettre en place un cadre de dialogue régulier entre l’Afrique et le Moyen-Orient. Ce mécanisme vise à renforcer la confiance mutuelle et à favoriser des consultations sur les questions de paix, de sécurité et de développement économique.
















