Par René DOKOU, le 30 Septembre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Pendant deux jours (du 1er au 02 octobre 2026) le Réseau international de la jeunesse de la Francophonie réunit ses organisations membres dans la capitale togolaise. Objectif : bâtir une contribution commune à porter devant les chefs d’État et de gouvernement, au Cambodge.
Des chiffres qui dessinent une attente claire
Avant même l’ouverture des travaux, les données recueillies auprès des membres du Réseau international de la jeunesse de la Francophonie (RIJF) donnent le ton. Deux enquêtes, menées en amont de la rencontre, révèlent que l’avenir professionnel reste la première préoccupation des jeunes de l’espace francophone.
Ainsi, 68 % des répondants réclament un soutien accru de la Francophonie à l’emploi et à l’entrepreneuriat des jeunes. Pour accroître leur employabilité, 59 % misent sur la formation professionnelle et technique, qui devance l’accès au financement, cité par 49 % d’entre eux. Les sondés se montrent par ailleurs convaincus du rôle social de ces initiatives : près de 95 % estiment que l’emploi, l’entrepreneuriat et l’innovation portés par la jeunesse peuvent nourrir la paix et la stabilité au sein de leurs communautés.
Un autre résultat retient l’attention : 57,5 % des personnes interrogées jugent que leurs contributions, apportées lors de consultations et de dialogues avec les pouvoirs publics, ne sont pas suffisamment prises en compte. Ce constat place la question de la participation des jeunes aux décisions au cœur des échanges.
Lomé, étape avant le Sommet
C’est sur cette base que s’ouvre, ce 1er octobre 2026, la consultation de Lomé. Elle se tient jusqu’au 2 octobre, à quelques semaines du XXe Sommet de la Francophonie, programmé du 14 au 16 novembre à Phnom Penh, au Cambodge. Organisée avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), elle vise à faire émerger des propositions concrètes, destinées à être défendues auprès des décideurs lors de cette échéance.
Les travaux sont placés sous le thème « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable ». L’emploi et l’employabilité des jeunes y occupent une place particulière, en cohérence avec les résultats des enquêtes préparatoires.
Une assemblée plurielle
La rencontre rassemble des représentants d’organisations de jeunesse issus de plusieurs horizons de l’espace francophone. Sont présentes vingt organisations membres du RIJF, venues notamment de la République démocratique du Congo et du Québec, ainsi que neuf organisations togolaises. Les membres du Conseil d’administration du Réseau participent également aux discussions.
Cette diversité géographique se double d’une variété thématique. Les participants se penchent sur la paix et la sécurité, l’entrepreneuriat, l’éducation, l’environnement, les droits humains, le numérique, le sport et la culture. Autant de domaines où les jeunes entendent faire entendre leur voix et formuler des propositions adaptées aux réalités de leurs pays respectifs.
Un travail en ateliers, puis en plénière
La méthode retenue repose sur le travail collectif. Répartis en groupes, les participants approfondissent chacune des problématiques et élaborent des propositions. Celles-ci sont ensuite soumises à une discussion commune avant d’être validées. L’enjeu est de transformer les constats issus des enquêtes en recommandations précises, susceptibles d’être portées au plus haut niveau.
Des jeunes ayant pris part au Parlement francophone des jeunes (PFJ) sont aussi associés aux échanges. Ils y présentent les résultats de leurs travaux, dans le but de favoriser une meilleure articulation entre les différentes démarches de participation de la jeunesse francophone. L’idée est d’éviter la dispersion des initiatives et de donner davantage de poids à un message commun.
Le 2 octobre, jour de la décision
La seconde journée sera consacrée à la hiérarchisation et à la validation finale des recommandations. Le texte qui en sortira constituera la contribution officielle du RIJF au XXe Sommet de la Francophonie.
Deux porte-parole seront ensuite désignés pour le défendre à Phnom Penh : l’un parmi les jeunes participants, l’autre au sein du Conseil d’administration du Réseau. Leur mission consistera à transmettre directement aux décideurs de la Francophonie les attentes exprimées par les organisations de jeunesse. Ce double choix vise à associer la base du mouvement et sa gouvernance dans la restitution du message.
Une séquence de mobilisation avant le Sommet
La consultation de Lomé s’inscrit dans une dynamique plus large. Elle intervient quelques jours après l’Assemblée plénière de la Conférence des OING de la Francophonie, tenue à Cotonou les 28 et 29 septembre. Ces deux rendez-vous traduisent une volonté commune : faire remonter les préoccupations de la jeunesse et de la société civile dans les débats qui précéderont le Sommet de Phnom Penh.
Pour le RIJF, il s’agit de peser en amont, au moment où se préparent les orientations qui seront discutées par les dirigeants. En présentant des recommandations issues d’une consultation de terrain, le Réseau cherche à répondre à un reproche que formulent eux-mêmes une majorité de ses membres : celui d’être trop peu écoutés.
Un réseau né d’une consultation de grande ampleur
Créé fin 2022, le RIJF est issu de la consultation « La Francophonie de l’avenir », qui avait mobilisé plus de 10 000 jeunes en 2020. Il rassemble aujourd’hui 448 organisations de jeunesse, originaires de 34 États et gouvernements membres de l’OIF. Sa démarche s’articule autour de trois axes : accompagner, réseauter et bouger.
En réunissant à Lomé ses membres et ses partenaires, le Réseau poursuit ainsi l’ambition qui a présidé à sa naissance : offrir à la jeunesse francophone un cadre structuré pour exprimer ses priorités et les faire valoir auprès des instances de décision. Reste à savoir, dans les semaines à venir, quelle suite les dirigeants réunis à Phnom Penh donneront aux recommandations qui seront validées ce 2 octobre dans la capitale togolaise.
















