Kpalimé ouvre la voie d’Adjafi 2026

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Par René DOKOU, le 05 Août 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Quatorze ans après sa naissance à Lomé, la Foire Adjafi s’ouvre cette année par un prologue inédit à Kpalimé. Capitale togolaise du café et du cacao, la ville accueille ce mercredi un forum de deux jours consacré à l’agro‑transformation, prélude à la 14ᵉ édition prévue du 20 août au 6 septembre sur le site historique du lycée d’Agoè‑Nyivé.

Le choix de Kpalimé n’est pas fortuit : cœur agricole des Plateaux, elle incarne à la fois l’abondance des matières premières et les limites d’une filière encore freinée par le manque d’outils de transformation, de financement et de certification.

Une trajectoire cohérente

Depuis 2012, Adjafi s’est imposée comme la plateforme de référence de l’entrepreneuriat togolais. Chaque édition a comblé un maillon manquant de la compétitivité nationale : qualité et innovation, conquête des marchés continentaux ouverts par la ZLECAF, amélioration du packaging des produits. Cette année, l’événement remonte la chaîne de valeur pour s’attaquer directement à la transformation locale, condition préalable à toute ambition d’exportation.

Diagnostic collectif et pistes de solutions

Le forum de Kpalimé se veut un exercice de lucidité. La première journée dressera un état des lieux du secteur, explorera les opportunités d’investissement et présentera les mécanismes de financement disponibles. Trois angles qui révèlent une filière consciente de son potentiel mais freinée par des obstacles connus : accès au capital, modernisation des équipements, respect des normes de qualité.
Une exposition parallèle offrira aux visiteurs une vitrine des savoir‑faire locaux, rappelant que la transformation est aussi une affaire de visibilité et de crédibilité.

Certification et normes au centre des débats

La question de la conformité occupera une place centrale. Pour une jeunesse entrepreneuriale tournée vers l’export, la certification est devenue incontournable. La Zone de libre‑échange continentale africaine impose ses propres standards, et seuls les produits répondant aux exigences de qualité peuvent franchir les frontières. Adjafi entend préparer les jeunes à cette réalité en mettant la norme au cœur des discussions.

Un panel institutionnel et pragmatique

La seconde journée réunira un large éventail d’acteurs : ministère du Commerce, ministère de l’Agriculture, ANPGF, coopération allemande GIZ, ADTPME, ITRA. Autour de la table, ceux qui financent, ceux qui régulent, ceux qui innovent et ceux qui transforment. Les promoteurs de très petites et moyennes entreprises viendront compléter ce dispositif en apportant l’expérience vécue du terrain.
Cette pluralité illustre une ambition claire : rapprocher institutions et entrepreneurs pour bâtir des solutions réalistes et durables.

Une foire devenue école de l’entrepreneuriat

Adjafi n’est plus seulement une foire commerciale. Elle est devenue un espace de formation, de réseautage et de dialogue intergénérationnel. L’an dernier, plus de trois cents exposants et huit mille visiteurs quotidiens ont confirmé son ancrage populaire. En quatorze ans, l’événement a dépassé le statut de vitrine pour devenir un véritable incubateur de talents.
En ouvrant cette édition par un forum, les organisateurs rappellent une évidence : avant de vendre, il faut transformer — et transformer bien.

Une montée en exigence progressive

La progression thématique d’Adjafi n’a rien d’improvisé. Chaque édition a renforcé la compétitivité des entrepreneurs togolais. Après l’innovation, le packaging et la conquête des marchés, vient désormais l’étape de la transformation. Ce cheminement traduit une montée en exigence, où la qualité et la conformité deviennent les clés de l’exportation.
Ainsi, Adjafi accompagne la jeunesse entrepreneuriale dans une trajectoire ascendante, en phase avec les mutations économiques du continent.

Kpalimé, symbole et laboratoire

En choisissant Kpalimé pour lancer les débats, Adjafi s’ancre dans une réalité concrète. La ville, riche en café et cacao, incarne les promesses et les défis de l’agro‑transformation. Elle devient laboratoire d’idées et de solutions, où producteurs, institutions et experts croisent leurs regards pour imaginer un avenir où la valeur ajoutée reste au pays.
Ce déplacement hors de Lomé traduit une volonté d’aller au plus près des acteurs de terrain, avant de porter la réflexion sur la grande scène nationale.

Une ambition nationale et continentale

Au‑delà des débats, Adjafi s’inscrit dans une stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat. En mettant l’accent sur la transformation, elle contribue à renforcer la souveraineté alimentaire et à créer des emplois durables. Elle prépare aussi les jeunes à conquérir les marchés africains, en leur donnant les outils pour répondre aux exigences de la ZLECAF.

La foire devient ainsi un levier de compétitivité et un moteur de croissance pour l’économie togolaise.

Un tournant stratégique

Adjafi 2026 ne se contente pas de célébrer l’entrepreneuriat. Elle en redéfinit les priorités. En plaçant la transformation au centre, elle rappelle que l’avenir des jeunes entrepreneurs passe par la capacité à moderniser, financer et certifier leurs produits.
Ce forum inaugural à Kpalimé marque un tournant : celui d’une foire qui, avant d’être un marché, est un cheminement vers l’excellence. Entre débats, expositions et perspectives, Adjafi confirme sa vocation de plateforme stratégique, où se dessine l’avenir de l’entrepreneuriat togolais.

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