IOMMa 2025 : Ralycia partage son expérience et trace la voie d’une nouvelle dynamique musicale féminine

0
435

Par René DOKOU, le 26 Septembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Jeudi à Lomé, l’artiste et entrepreneure culturelle togolaise Reine Essognim Tchedre, plus connue sous le nom de scène Ralycia, a convié la presse nationale à une rencontre d’échanges. En présence de Vinyo Aziati, Directeur de la promotion des arts et de la culture, représentant le ministre de la Culture, ainsi que de nombreux acteurs culturels, elle est revenue sur son expérience à la 11ᵉ édition du Indian Ocean Music Market (IOMMa), tenue du 3 au 6 juin 2025 à l’Île de la Réunion.

Une vitrine internationale pour la création africaine

Le IOMMa s’impose aujourd’hui comme l’un des carrefours majeurs pour les musiques actuelles de l’océan Indien et au-delà. Avec le soutien de l’Institut français de Paris à travers son programme Africa Creative Sounds, l’événement réunit chaque année des professionnels venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Australie autour de showcases, de conférences et de rencontres de haut niveau. Objectif : connecter les scènes locales aux grands réseaux internationaux et favoriser de nouvelles coopérations artistiques.

Sélectionnée par l’Institut français du Togo, Ralycia a représenté son pays lors de cette édition qui a accueilli plus de 400 acteurs de l’industrie musicale mondiale, dont 18 délégués africains. Elle a pris part à des conférences thématiques, à des rendez-vous professionnels en face-à-face (One-to-One Meetings), ainsi qu’au festival SAKIFO, l’un des temps forts du marché. Elle en a également profité pour donner une visibilité accrue au HALOU – Festival des musiques de femmes, héritier du Festival Voix de Femmes qu’elle a initié.

Une prise de conscience collective

Au fil des échanges, un sujet a particulièrement retenu son attention : la place des femmes dans l’industrie musicale. « Parmi les conférences, celle sur le thème Réseau des femmes, levier de développement culturel a été un déclic. Nous avons constaté qu’il n’existe pas encore un véritable réseau de femmes dans ce secteur », a confié Ralycia à l’assistance.

Elle a également relevé la faible présence du Togo dans de tels rendez-vous internationaux. Pour elle, cette absence traduit un manque de structuration de l’écosystème musical national, une urgence à professionnaliser les pratiques, et une nécessité de soutenir davantage la création, notamment celle portée par les femmes.

Des projets structurants pour 2026

Forte de ce constat, Ralycia a annoncé plusieurs initiatives visant à renforcer la scène musicale féminine togolaise. Le festival HALOU sera désormais repositionné : dès 2026, il prendra une dimension internationale afin de s’ouvrir à des artistes venues d’autres horizons. Dans la même dynamique, un réseau national d’artistes féminins sera lancé, accompagné d’une plateforme numérique dédiée à la valorisation des musiciennes togolaises.

Un plaidoyer sera par ailleurs adressé aux institutions culturelles pour faciliter la mobilité internationale des artistes et promouvoir leur professionnalisation. Selon Ralycia, « le soutien institutionnel est indispensable pour permettre aux créateurs togolais de franchir les frontières et de se positionner sur le marché mondial ».

Une résidence de création à Kara

Au-delà du bilan de sa participation au IOMMa, l’artiste a aussi levé le voile sur une nouvelle étape de son parcours : la sortie de résidence du projet Confluences Femmes, prévue le 25 octobre prochain à Kara.

Cette résidence artistique, initiée en France à Mulhouse, a réuni Ralycia et Dyrane, chanteuse franco-camerounaise, autour d’un projet commun : créer des œuvres originales conçues par des femmes et pour les femmes, abordant des thématiques qui leur sont propres. La présentation publique de Kara marquera un jalon important dans la diffusion de ce travail à forte portée symbolique.

Une vision tournée vers l’avenir

Par ces initiatives, Ralycia entend contribuer à une meilleure reconnaissance de la musique togolaise sur la scène internationale. Plus encore, elle souhaite faire du Togo un pôle de rayonnement pour la création féminine en Afrique de l’Ouest.

La rencontre de Lomé, en donnant la parole à l’artiste et en rassemblant les principaux acteurs culturels du pays, s’inscrit comme un signal fort. Elle met en évidence l’importance de l’accompagnement institutionnel, mais aussi la volonté d’une nouvelle génération d’artistes togolais de s’affirmer dans un environnement mondial de plus en plus compétitif.

Avec détermination, Ralycia ouvre une voie : celle d’une musique togolaise féminine ambitieuse, structurée et visible à l’échelle internationale.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici