Haho : la DRE Plateaux mobilise les acteurs forestiers contre l’exploitation illégale du bois

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Par René DOKOU, le 05 Février 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Face à la persistance de la coupe anarchique et de l’exploitation illégale du bois, la Direction régionale de l’environnement, des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique des Plateaux (DRE Plateaux) renforce son action de terrain. Dans cette dynamique, une rencontre d’échanges et de sensibilisation s’est tenue le mercredi 04 février 2026 à la Maison de la Femme de Notsè, dans la préfecture de Haho, en collaboration avec le SIPLEF.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale d’information, d’éducation et de communication (IEC) visant à promouvoir le respect des textes régissant le secteur forestier et à encourager une gestion durable des ressources forestières.

Informer pour mieux protéger les forêts

Présidée par le Commandant Gbénin Kodjo Benjamin, Directeur régional de l’environnement, des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique des Plateaux, la rencontre avait pour objectif principal d’éclairer les acteurs forestiers, exploitants de bois et populations locales sur les dispositions du code forestier et ses textes d’application.

À travers des échanges directs, la DRE Plateaux a mis l’accent sur les bonnes pratiques en matière de gestion forestière, notamment la reforestation, l’exploitation contrôlée du bois et la protection des forêts classées. Il s’agissait également de corriger certaines perceptions erronées largement répandues au sein des communautés.

« Planter un arbre et demander l’autorisation avant de le couper : voilà le maître-mot de cette rencontre qui nous réunit aujourd’hui ici à Notsè », a martelé le Commandant Gbénin Kodjo Benjamin devant un auditoire attentif.

La forêt, un patrimoine vital au-delà de l’économie

Dans son intervention, le Directeur régional a rappelé que la forêt ne saurait être réduite à une simple source de revenus. Elle constitue un pilier fondamental de l’équilibre écologique, jouant un rôle crucial dans la lutte contre les changements climatiques, la protection des sols, la régulation du régime des pluies et la préservation de la biodiversité.

« Le respect des textes permet d’assurer la survie de nos forêts et de garantir un avenir durable aux générations futures », a-t-il souligné, insistant sur la responsabilité collective face aux défis environnementaux actuels.

Clarifier les règles pour dissiper les confusions

Au cours des échanges, le Commandant Gbénin Kodjo Benjamin a tenu à lever toute ambiguïté concernant la réglementation forestière. Contrairement à certaines rumeurs, le ministère en charge de l’environnement n’a jamais interdit la coupe du bois.

« Couper un arbre n’est pas interdit. Ce geste est simplement subordonné à une autorisation préalable. Il n’existe aucune interdiction concernant l’importation du bois, ni sur les autorisations d’exploitation ou d’implantation privée de teck », a-t-il précisé.

Selon lui, la perception d’une pénurie de bois observée sur certains marchés est essentiellement liée au démantèlement progressif des circuits clandestins d’approvisionnement. Les services forestiers ont renforcé le contrôle des flux illégaux, tandis que les dépôts légaux, pourtant bien approvisionnés, restent insuffisamment fréquentés.

« Nous invitons donc les populations à s’approvisionner auprès des dépôts légaux. Il n’y a pas de pénurie de bois, mais un changement nécessaire des habitudes d’approvisionnement », a-t-il expliqué.

Une prise de conscience saluée par les participants

Les échanges ont permis aux participants de mieux comprendre l’esprit et la lettre des textes forestiers. Pour beaucoup, cette rencontre a constitué une véritable opportunité d’apprentissage et de clarification.

« Celui qui a l’information a le pouvoir. On disait souvent que les actions du ministre de l’Environnement, le Professeur Dodzi Kokoroko, étaient mauvaises. Mais à l’issue de cette séance, nous comprenons qu’il ne s’agit pas d’une interdiction, mais d’un encadrement. Le non-respect des textes entraîne la saisie des bois coupés anarchiquement », a confié un participant.

Une approche pédagogique plutôt que répressive

En définitive, cette rencontre de Notsè illustre l’option privilégiée par le ministère en charge de l’environnement : sensibiliser, informer et responsabiliser plutôt que sanctionner systématiquement. Aucun verrou n’a été posé sur les procédures de coupe du bois, mais un rappel ferme est fait quant à l’obligation de respecter les lois et règlements en vigueur.

À travers l’action de la DRE Plateaux, l’État réaffirme sa volonté de concilier exploitation forestière et protection de l’environnement, dans une logique de développement durable et inclusif. Une démarche qui place l’information et la participation citoyenne au cœur de la préservation du patrimoine forestier national.

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