Par René DOKOU, le 10 Février 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine (UA) pour la crise sécuritaire dans la région des Grands Lacs, a effectué lundi une visite de travail stratégique à Luanda, capitale de l’Angola. Cette démarche s’inscrit dans les efforts diplomatiques intensifiés de l’organisation panafricaine pour enrayer une instabilité persistante, malgré les engagements récents en faveur de la paix.
Au cœur de cette visite figurait une rencontre de haut niveau avec João Lourenço, président de la République d’Angola et président en exercice de l’Union africaine. Les échanges ont porté sur l’évolution de la situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi que sur les mécanismes à renforcer pour favoriser une désescalade durable des tensions dans l’ensemble de la région.
Mandaté par l’UA, Faure Gnassingbé conduit une médiation fondée sur une approche inclusive, privilégiant le dialogue entre les États concernés, les organisations régionales et les acteurs politiques clés. L’objectif affiché est clair : jeter les bases d’une paix durable, fondée sur la confiance, la coopération régionale et le respect des engagements pris par les parties prenantes.
La rencontre de Luanda a également réuni le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, directement impliqué dans le processus, son pays étant l’épicentre des affrontements qui continuent de déstabiliser la sous-région. Les discussions ont permis de faire le point sur les initiatives diplomatiques en cours et sur les attentes de Kinshasa quant à l’application effective des accords signés.
Présent à Luanda, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, membre du Collège des facilitateurs de l’Union africaine, a pris part aux concertations. Son implication renforce la dimension collective et expérimentée de la médiation africaine, alors que les défis sur le terrain demeurent considérables.
En dépit de la signature d’un accord de paix entre la RDC, le Rwanda et le mouvement armé M23, les combats se poursuivent dans plusieurs zones de l’est congolais. Cette situation fragilise les avancées diplomatiques et met en évidence l’écart persistant entre les engagements politiques et leur traduction concrète sur le terrain. Les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à ces violences, alimentant une crise humanitaire préoccupante.
Face à cette réalité, l’Union africaine entend renforcer la coordination entre les initiatives existantes, notamment celles menées au niveau régional, afin d’assurer un suivi rigoureux des accords et d’encourager leur mise en œuvre effective. La médiation conduite par Faure Gnassingbé se veut ainsi pragmatique, axée sur des résultats mesurables et une implication accrue des parties concernées.
La visite de Luanda apparaît dès lors comme une étape clé dans la relance du processus de paix. Elle illustre la volonté de l’Union africaine de rester au premier plan de la résolution des conflits sur le continent, en privilégiant des solutions africaines à des crises africaines. Reste à savoir si cette dynamique diplomatique parviendra à s’imposer face à la complexité du terrain et aux intérêts divergents qui continuent d’alimenter l’instabilité dans la région des Grands Lacs.
















