Par René DOKOU, le 15 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- La Fédération tunisienne de football (FTF) a officiellement annoncé la nomination de Sabri Lamouchi au poste de sélectionneur national. L’ancien international franco-tunisien s’est engagé dans le cadre d’un contrat courant jusqu’au 31 juillet 2028, marquant ainsi la volonté des instances fédérales d’inscrire la sélection dans un projet à moyen et long terme.
Cette décision stratégique intervient dans un contexte encore empreint de déception et de polémique, quelques semaines après l’élimination prématurée et controversée des Aigles de Carthage lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Un échec sportif douloureux qui a mis en lumière les limites du précédent cycle et accéléré la nécessité d’un renouveau profond.
Une élimination amère qui a laissé des traces
Le 3 janvier 2026 reste gravé comme une soirée sombre pour le football tunisien. Opposée au Mali en huitième de finale, la sélection nationale a quitté la compétition au terme d’un scénario cruel, s’inclinant aux tirs au but (3-2) après un match nul (1-1) obtenu dans la douleur. Dans une atmosphère électrique, les hommes de Sami Trabelsi avaient pourtant dominé les débats, imposant leur possession et multipliant les situations offensives sans parvenir à faire la différence.
Face à une équipe malienne rigoureuse, compacte et mentalement solide, la Tunisie a payé son manque de réalisme et certaines hésitations tactiques. Cette sortie prématurée, vécue comme une occasion manquée, a rapidement alimenté une vague de critiques, tant sur les choix techniques que sur la gestion globale de l’équipe nationale.
La fin d’un cycle, l’urgence d’un nouveau souffle
Au-delà du simple revers sportif, cette élimination a ravivé un débat de fond sur l’orientation du projet sportif national. La CAN 2025 devait être une étape de confirmation ; elle s’est transformée en révélateur des carences structurelles et du besoin urgent de réinventer l’identité de jeu des Aigles de Carthage.
C’est dans ce climat de frustration, mais aussi d’attente et d’espoir, que la FTF a opté pour Sabri Lamouchi. Un choix qui se veut à la fois symbolique et pragmatique, misant sur un technicien expérimenté, doté d’une solide culture internationale et d’une connaissance fine du football africain.
Sabri Lamouchi, un profil international et expérimenté
Né le 9 novembre 1971 à Lyon, Sabri Lamouchi possède un parcours riche, à la croisée des cultures et des compétitions. Ancien milieu de terrain élégant et travailleur, il a marqué le football français dans les années 1990 et 2000. Formé à l’AJ Auxerre, il remporte le doublé championnat–Coupe de France en 1996 sous la houlette de Guy Roux. Il connaît également le succès avec l’AS Monaco, champion de France en 2000.
Sa carrière de joueur l’a conduit dans plusieurs clubs prestigieux : l’Inter Milan, le Genoa, Parme et l’Olympique de Marseille. International français à douze reprises entre 1996 et 2000, il a côtoyé le plus haut niveau européen avant de se tourner vers les bancs de touche.
Une carrière d’entraîneur marquée par la CAN et le Mondial
Sabri Lamouchi entame sa carrière d’entraîneur en 2012 en prenant les rênes de la sélection ivoirienne. À la tête des Éléphants, il participe à la CAN 2013 et conduit la Côte d’Ivoire jusqu’aux huitièmes de finale de la Coupe du monde 2014 au Brésil, une performance notable qui assoit sa crédibilité sur la scène internationale.
Il poursuit ensuite son parcours au Moyen-Orient, notamment au Qatar, où il dirige El Jaish puis Al-Duhail, remportant la Qatar Stars League et la Coupe du Qatar. En Europe, il effectue un passage remarqué au Stade Rennais en Ligue 1, avant de tenter l’aventure anglaise avec Nottingham Forest et Cardiff City. Plus récemment, il a exercé en Arabie saoudite, à Al-Riyadh puis Al-Diriyah.
Une mission ambitieuse jusqu’en 2028
À la tête de la sélection tunisienne, Sabri Lamouchi hérite d’une mission délicate mais ambitieuse : reconstruire un collectif compétitif, restaurer la confiance des joueurs et du public, et redonner à la Tunisie une identité de jeu claire et ambitieuse. Son contrat jusqu’en 2028 traduit la volonté de stabilité de la FTF, avec en ligne de mire les prochaines compétitions continentales et les échéances qualificatives internationales.
Entre attentes populaires, pression médiatique et exigences de résultats, Lamouchi devra rapidement imprimer sa marque. Mais pour une sélection en quête de renouveau, son arrivée symbolise surtout l’ouverture d’un nouveau chapitre, porteur d’espoir et de promesses pour le football tunisien.
















