Par René DOKOU, le 28 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Au Togo, le paysage institutionnel de l’appui à l’entrepreneuriat connaît une évolution majeure. Les missions du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) sont désormais appelées à être transférées à l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (ADTPME). Cette décision a été actée par le gouvernement lors du Conseil des ministres du mercredi 24 décembre 2025, à travers l’examen et l’adoption d’un projet de loi consacré à cette réforme structurante.
Selon l’exécutif, le texte devra encore suivre le processus normatif en vigueur, notamment la phase parlementaire, avant son entrée en application effective. Une fois ce cap franchi, la réforme marquera la fin du FAIEJ en tant qu’entité autonome, ses attributions étant intégralement reprises par l’ADTPME, créée en 2022 pour structurer et professionnaliser l’écosystème entrepreneurial national.
Cette réorganisation institutionnelle ne se limite pas à un simple transfert de compétences. Elle s’accompagne également du transfert du personnel et du patrimoine du FAIEJ vers l’ADTPME, garantissant ainsi la continuité des actions engagées et la préservation des acquis. Le gouvernement affirme vouloir éviter toute rupture dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs, tout en renforçant l’efficacité des dispositifs existants.
Dans son argumentaire, l’exécutif met en avant une volonté claire de rationalisation de l’action publique. « Il s’agit d’adapter les mécanismes d’accompagnement de l’entrepreneuriat des jeunes aux nouveaux outils et politiques publiques de promotion de l’emploi et de l’initiative privée », souligne le communiqué officiel du Conseil des ministres. L’objectif affiché est de réduire les chevauchements institutionnels et de limiter le gaspillage des ressources financières, matérielles et humaines, en concentrant les interventions sur les dispositifs jugés les plus performants.
La réforme s’inscrit ainsi dans la continuité de la création de l’ADTPME, pensée dès l’origine comme un guichet unique de référence pour le développement des très petites, petites et moyennes entreprises. En absorbant les missions du FAIEJ, l’agence élargit son champ d’intervention et consolide son rôle central dans l’accompagnement des porteurs de projets, en particulier les jeunes.
Pour les autorités, cette fusion fonctionnelle devrait favoriser une approche plus intégrée de l’appui aux entreprises, combinant financement, assistance technique, formation et mise en réseau. Elle ambitionne également de stimuler l’innovation chez les jeunes entrepreneurs, en les encourageant à proposer des solutions adaptées aux réalités locales, notamment dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, la santé ou l’agriculture.
Au-delà de l’appui direct aux projets, le gouvernement espère que cette nouvelle configuration renforcera les synergies entre les entreprises, les universités, les institutions publiques, les incubateurs et les structures d’accompagnement. Une meilleure articulation entre ces acteurs est présentée comme un levier essentiel pour bâtir des réseaux de soutien plus structurés et plus efficaces en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes.
Créé comme un dispositif public de soutien à l’initiative économique des jeunes, le FAIEJ a joué, depuis plus d’une décennie, un rôle important dans la promotion de l’auto-emploi. À travers des appuis techniques et financiers, notamment sous forme de prêts et de garanties accordés à des micro-projets, le fonds revendique des résultats significatifs. Entre son opérationnalisation en 2012 et la fin du mois de mars 2024, il indique avoir contribué à la création de 26 309 emplois durables, pour un volume cumulé de crédits octroyés estimé à 8,63 milliards de francs CFA.
Ces performances constituent un héritage que l’ADTPME devra capitaliser et amplifier. Pour les observateurs, le succès de la réforme dépendra largement de la capacité de la nouvelle structure à maintenir la proximité avec les jeunes porteurs de projets, tout en améliorant la qualité du suivi et l’impact des financements. Dans un contexte marqué par les défis de l’emploi et de l’inclusion économique, cette réorganisation est perçue comme un test majeur de l’efficacité des politiques publiques en faveur de la jeunesse togolaise.
















