Énergie : le Togo accélère la mise en œuvre de sa centrale thermique bifuel

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Par René DOKOU, le 23 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)-Le gouvernement a dressé, mardi, un état des lieux détaillé du projet de construction d’une centrale thermique bifuel de 120 mégawatts, un chantier d’envergure soutenu financièrement par la Banque mondiale et destiné à consolider durablement l’architecture énergétique du pays.

Une réponse directe à la croissance de la demande

La justification de cet investissement tient avant tout à la dynamique de consommation électrique observée ces derniers mois. D’après les données communiquées par le ministère délégué chargé de l’Énergie, la pointe de consommation a atteint 360 MW au cours du premier trimestre 2026, portée par une progression annuelle avoisinant les 10 %. Une telle trajectoire de croissance exerce une pression croissante sur les infrastructures existantes et impose d’anticiper les besoins futurs du réseau.

C’est précisément dans cette optique que s’inscrit le futur ouvrage : il devra fournir une puissance disponible et modulable, activable en fonction des fluctuations de la demande, en particulier lors des pics de consommation les plus critiques. Le ministère souligne ainsi que l’objectif premier de cette centrale est de renforcer la capacité pilotable du système électrique national, c’est-à-dire sa capacité à produire de l’électricité à la demande, contrairement aux sources intermittentes comme le solaire ou l’éolien.

Une technologie bicombustible pour plus de flexibilité

Sur le plan technique, l’installation misera sur des groupes moteurs bicombustibles, une technologie qui permet de fonctionner alternativement, voire simultanément, avec deux types de combustibles. Le gaz naturel constituera la source d’énergie principale de la future centrale, un choix cohérent avec les efforts de diversification énergétique et de maîtrise des coûts de production. Un combustible liquide viendra néanmoins compléter ce dispositif, offrant ainsi une marge de sécurité opérationnelle en cas de contraintes d’approvisionnement en gaz.

Cette flexibilité technologique constitue un atout majeur pour la fiabilité du réseau électrique, puisqu’elle réduit la dépendance à une seule source d’énergie et limite les risques d’interruption de production.

Le processus de sélection du prestataire avance

Concernant la mise en œuvre concrète du projet, les autorités ont confirmé que la procédure visant à identifier l’entreprise chargée de la réalisation des travaux poursuit normalement son cours. Une étape clé a d’ores et déjà été franchie avec l’organisation d’une réunion de mobilisation anticipée du marché, connue sous l’appellation anglaise Early Market Engagement (EME).

Cette phase préparatoire vise généralement à recueillir les avis et retours des acteurs potentiellement intéressés — constructeurs, ingénieristes, financiers — avant le lancement formel de l’appel d’offres. Elle permet d’ajuster les termes de référence du projet, d’anticiper les contraintes techniques ou financières, et in fine de fluidifier l’ensemble du processus de sélection.

Lancement de l’appel d’offres attendu au dernier trimestre 2026

D’après le calendrier indicatif dévoilé par le gouvernement, le lancement officiel de la procédure de sélection du prestataire est prévu pour le quatrième trimestre de l’année 2026. Ce délai devrait permettre de finaliser les derniers arbitrages techniques et administratifs, tout en garantissant une mise en concurrence transparente et rigoureuse des candidats.

Un projet stratégique pour la sécurité énergétique

Au-delà de ses aspects purement techniques, ce projet revêt une dimension stratégique pour l’avenir énergétique du pays. Avec l’appui financier de la Banque mondiale, cette centrale s’inscrit dans une logique de sécurisation de l’approvisionnement électrique national, à un moment où la demande ne cesse de croître sous l’effet du développement économique et démographique.

En misant sur une capacité de production flexible et rapidement mobilisable, les autorités entendent éviter les délestages et autres perturbations qui pourraient freiner les activités économiques et impacter le quotidien des populations. La montée en puissance de cette infrastructure de 120 MW devrait ainsi contribuer à stabiliser durablement le réseau électrique, tout en offrant une réponse adaptée aux pics de consommation les plus exigeants.

Les prochains mois seront déterminants pour la concrétisation de ce projet, dont l’aboutissement dépendra en grande partie du bon déroulement de la procédure de sélection annoncée pour la fin d’année 2026.

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