Climat des affaires : le Togo s’impose dans le Top 5 africain

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Par René DOKOU, le 08 Janvier 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo confirme son statut de pôle réformateur en Afrique de l’Ouest. Selon le rapport Business Ready 2025 (B-Ready), publié fin décembre par la Banque mondiale, le pays figure parmi les cinq économies africaines les plus performantes en matière de climat des affaires. Avec un score global de 61,52 points, il se classe 4ᵉ à l’échelle continentale, illustrant la continuité et la résilience de sa trajectoire de réformes, y compris dans un cadre méthodologique entièrement renouvelé.

Le classement B-Ready succède officiellement à l’indice Doing Business, suspendu en 2021, et ambitionne de proposer une évaluation plus fidèle de l’environnement des entreprises. Pour Lomé, cette transition méthodologique n’a pas freiné la dynamique engagée depuis plusieurs années. Au contraire, elle met en lumière les acquis structurels du pays, tout en identifiant clairement les défis à relever pour renforcer l’attractivité économique.

Un nouveau cadre d’évaluation du climat des affaires

Le rapport Business Ready 2025 repose sur une vaste enquête menée auprès de 58 000 entreprises et 5 000 experts dans 101 économies. L’analyse couvre dix domaines clés du cycle de vie d’une entreprise, allant de la création à l’insolvabilité, en passant par l’emploi, l’accès aux services financiers ou encore le commerce international.

La méthodologie s’articule autour de trois piliers fondamentaux :

le cadre réglementaire,

la qualité des services publics,

et l’efficacité opérationnelle.

Innovation majeure, le B-Ready combine désormais des indicateurs juridiques et des données issues de la pratique, afin de mieux refléter l’expérience réelle des opérateurs économiques sur le terrain.

Dans ce contexte, le Togo obtient 66,26 points sur le pilier du cadre réglementaire, un score proche de la moyenne des pays évalués. La qualité des services publics se situe à un niveau intermédiaire, traduisant des efforts notables dans la digitalisation et la rationalisation administrative. L’efficacité opérationnelle, avec 57,38 points, révèle quant à elle des marges de progression, notamment en matière de délais et de coûts de conformité pour les entreprises.

Des performances sectorielles contrastées

L’analyse détaillée par domaine met en évidence des résultats particulièrement solides sur certains segments stratégiques. Le Togo se distingue nettement sur l’indicateur entrée des entreprises sur le marché, avec un score élevé de 85,77 points. Cette performance reflète les réformes engagées ces dernières années pour simplifier la création d’entreprise, réduire les formalités et accélérer les procédures administratives, notamment via le guichet unique.

Les indicateurs liés à l’emploi, aux services financiers et à l’insolvabilité affichent également des résultats encourageants, traduisant une amélioration progressive du cadre juridique et institutionnel. Ces avancées contribuent à renforcer la sécurité des investissements et la confiance des acteurs économiques, tant nationaux qu’internationaux.

En revanche, le rapport souligne des faiblesses persistantes dans les domaines du commerce international et de la concurrence. Les procédures transfrontalières, les coûts logistiques et certaines rigidités réglementaires continuent de peser sur la compétitivité des entreprises. Autant de chantiers identifiés comme prioritaires pour les prochaines étapes de la réforme.

Une trajectoire réformatrice confirmée

Dans l’ensemble, l’évaluation de la Banque mondiale s’inscrit dans la continuité des progrès réalisés par le Togo au cours de la dernière décennie. Avant la suspension du Doing Business, le pays figurait déjà parmi les économies africaines les plus réformatrices, avec une progression marquée entre 2018 et 2020. Le classement B-Ready vient ainsi confirmer la solidité de cette dynamique, malgré le changement de méthodologie.

À l’échelle continentale, le Rwanda conserve la première place africaine du classement Business Ready 2025, devant le Maroc et Maurice. La 4ᵉ position du Togo le place dans un cercle restreint de pays africains considérés comme des références en matière de climat des affaires.

Pour Lomé, ce positionnement constitue à la fois une reconnaissance internationale et un levier stratégique. Il renforce l’image du pays auprès des investisseurs et souligne l’importance de poursuivre les réformes structurelles, afin de transformer les performances réglementaires en gains économiques durables.

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