CEDEAO : les Ministres de la santé en conclave à Freetown pour une approche intégrée de l’élimination du paludisme

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Par René DOKOU, le 24 Avril 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Quelques heures après l’ouverture officielle de la 27ᵉ session ordinaire de l’Assemblée des ministres de la Santé de la CEDEAO à Freetown, la réunion technique de haut niveau a réuni les principaux décideurs de la santé publique ouest-africaine. Cette rencontre stratégique marque une étape décisive dans la coordination des politiques sanitaires régionales, avec en ligne de mire un objectif majeur : l’élimination du paludisme.

Une ambition régionale affirmée à Freetown

Placée sous le thème « Élimination du paludisme dans l’espace CEDEAO à travers une approche régionale intégrée », la session technique vise à examiner et valider les recommandations issues des travaux des experts et points focaux, réunis du 20 au 22 avril 2026 dans la capitale sierra-léonaise.

Le paludisme, un défi persistant

Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, le paludisme demeure un lourd fardeau pour les systèmes de santé et les économies de l’Afrique de l’Ouest. Cette maladie continue d’affecter des millions de personnes, entravant le développement humain et accentuant les inégalités sociales.

Dans son allocution d’ouverture, le Directeur général de l’OOAS, le Dr Melchior Athanase Joël C. AÏSSI, a insisté sur une réalité incontournable : aucun pays ne peut vaincre seul cette maladie. « Les maladies ne connaissent pas de frontières », a-t-il rappelé avec force, soulignant la nécessité d’une réponse collective et coordonnée.

Une stratégie régionale structurée

Face à ce constat, l’OOAS, en collaboration avec ses partenaires, a élaboré un cadre stratégique régional destiné à guider les efforts d’élimination du paludisme dans l’espace CEDEAO. Ce document, soumis à l’appréciation des ministres, constitue le socle d’une action harmonisée à l’échelle régionale.

Ce cadre repose sur plusieurs axes prioritaires : le renforcement de la gouvernance sanitaire, la mise en œuvre d’approches multidimensionnelles de lutte, l’exploitation stratégique des données grâce à la digitalisation, ainsi que la promotion de la recherche et de l’innovation locale. Il met également l’accent sur l’intégration des communautés dans les réponses sanitaires et sur la mobilisation accrue des ressources, notamment domestiques.

L’urgence d’une approche intégrée

Les discussions ont mis en évidence l’importance d’une approche intégrée fondée sur la solidarité entre États, le partage des données et la coordination des interventions. Cette vision collective apparaît comme la seule voie viable vers une élimination durable du paludisme.

Les ministres et leurs représentants ont ainsi été appelés à adopter une stratégie commune capable de transcender les frontières nationales, en alignant les politiques publiques et les investissements sur des objectifs régionaux partagés.

Une ambition réaliste à dix ans

Devant les participants, dont des représentants de plusieurs États membres, le Directeur général de l’OOAS a réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner les pays dans la mise en œuvre de cette stratégie. « Nous nourrissons l’ambition d’éliminer le paludisme dans l’espace CEDEAO dans un horizon de dix ans. Cet objectif est ambitieux, mais il est réalisable », a-t-il déclaré.

Cette ambition repose sur une volonté politique renforcée, une meilleure coordination régionale et un engagement durable des États à investir dans leurs systèmes de santé.

Des systèmes de santé à consolider

Au-delà de la lutte contre le paludisme, les travaux de cette session technique abordent des enjeux structurels majeurs. Le rapport annuel 2025 de l’OOAS est au cœur des discussions, offrant une évaluation des progrès réalisés et des défis persistants.

Les échanges portent également sur le renforcement des systèmes de santé communautaire, considéré comme un levier essentiel pour améliorer l’accès aux soins. Les États membres sont notamment encouragés à actualiser leurs politiques nationales afin de mieux répondre aux besoins des populations.

La question cruciale du financement

Autre point central des débats : le financement des programmes de santé. La dépendance vis-à-vis des financements extérieurs demeure un défi majeur pour de nombreux pays de la région.

Dans ce contexte, la mobilisation des ressources domestiques apparaît comme une priorité stratégique. « Cette réunion technique nous permet aussi d’aborder la question essentielle des mécanismes de financement domestique des programmes de santé », a souligné le Directeur général de l’OOAS.

Vers des décisions structurantes

Plusieurs documents stratégiques sont actuellement en cours d’examen, et une synthèse des travaux sera présentée en vue de leur adoption. Ces décisions devraient orienter durablement les politiques sanitaires dans l’espace CEDEAO.

En consolidant les acquis et en renforçant la coopération régionale, les États ouest-africains entendent franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le paludisme. À condition de maintenir l’élan collectif et de placer la santé au cœur des priorités de développement, l’objectif d’élimination apparaît désormais à portée de main.

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