Par René DOKOU, le 15 Octobre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Une trentaine de responsables du Réseau de la Communication sur les Risques et Engagement Communautaire (CREC) des pays membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) participent, du 15 au 17 octobre 2025 à Lomé, à un atelier régional de formation sur l’élaboration d’un plan de communication sur les risques en situation d’urgence.
Pendant trois jours, ces experts venus de divers horizons de la région verront leurs capacités renforcées en matière de conception et de mise en œuvre de plans de communication efficaces lors de crises sanitaires, tout en intégrant la dimension de genre afin d’assurer une réponse inclusive et équitable face aux urgences de santé publique.
Un cadre de renforcement des capacités régionales
Organisée sous l’égide du Réseau CREC de la CEDEAO, cette rencontre régionale vise à doter les pays membres d’outils harmonisés et adaptés à leurs contextes nationaux pour mieux communiquer en période de crise.
Selon Moussa Soumah, président du Réseau CREC, « un plan de communication d’urgence est un document stratégique qui définit les procédures, les rôles et les canaux à utiliser pour informer et mobiliser les populations en cas de crise. Il doit comporter des messages clés préapprouvés, des canaux de communication fiables, ainsi qu’un mécanisme de suivi et d’évaluation ».
L’objectif, ajoute-t-il, est de permettre aux États membres de disposer d’une feuille de route claire et coordonnée pour la gestion de la communication des risques, tout en tenant compte des spécificités locales et des besoins différenciés des communautés selon le genre.
Le Togo en première ligne
Ouvrant les travaux, Dr Kokou Wotogbé, secrétaire général du ministère togolais de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, a salué la tenue de cet atelier à Lomé, qu’il qualifie de « moment opportun pour renforcer les dispositifs nationaux et régionaux de communication des risques ».
Il a rappelé que le Togo a déjà mis en place un Comité national de communication sur les risques et l’engagement communautaire (CREC), doté d’une coordination dédiée. « Ce comité, sous notre supervision, a élaboré un plan de communication CREC avec des procédures opérationnelles normalisées. Ce plan, révisé en 2023 pour la période 2024-2026, intègre désormais les orientations régionales définies par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). Toutefois, la prise en compte du genre reste à renforcer, d’où l’importance de cet atelier », a-t-il indiqué.
Une communication inclusive, clé d’une réponse efficace
Pour les organisateurs, la communication des risques ne se limite pas à la diffusion d’informations. Elle doit être participative et inclusive. « Placer les communautés au cœur de la réponse, leur expliquer les risques et les comportements protecteurs à adopter, voilà l’essence même de la communication des risques et de l’engagement communautaire », souligne encore Moussa Soumah.
Face aux épidémies récurrentes qui frappent l’Afrique de l’Ouest Ebola, Covid-19, fièvres hémorragiques, choléra la CEDEAO a compris la nécessité d’une approche régionale coordonnée. Le réseau CREC, créé à cet effet, regroupe les points focaux des États membres autour d’un plan stratégique régional de communication des risques, favorisant l’échange d’expériences, de bonnes pratiques et la mutualisation des ressources.
La dimension genre au cœur de la stratégie
L’un des axes majeurs de cette formation est l’intégration du volet genre dans la communication de crise. En effet, les crises sanitaires n’affectent pas toutes les populations de la même manière. Les femmes, souvent en première ligne dans les soins familiaux et communautaires, peuvent être à la fois plus exposées et moins informées.
C’est pourquoi le secrétaire général du ministère togolais de la Santé a insisté sur la nécessité d’adapter les messages et les interventions :
« Pour maximiser leur efficacité, les initiatives de communication doivent intégrer une dimension de genre, garantissant que les informations soient accessibles à tous et que les réponses tiennent compte des impacts différenciés selon le genre », a-t-il déclaré.
De son côté, Moussa Soumah a ajouté : « La santé est un droit pour tous. Les interventions doivent répondre aux besoins spécifiques de chaque groupe social, sans discrimination, pour une réponse plus équitable et inclusive. »
Un engagement collectif pour des systèmes de santé plus résilients
Les participants à l’atelier seront formés sur les différentes étapes d’élaboration d’un plan de communication de crise : identification des parties prenantes, formulation de messages clés, gestion des rumeurs, mécanismes de suivi et d’évaluation, et intégration de la dimension genre dans toutes les phases.
Au terme de la rencontre, ils devraient être mieux outillés pour accompagner leurs pays dans la mise en œuvre de plans nationaux robustes, capables de répondre efficacement aux crises sanitaires futures.
« Cet atelier n’est pas une simple formation, mais un levier de coopération régionale et de solidarité entre nos États », a conclu Moussa Soumah, appelant à une mobilisation accrue des partenaires techniques et financiers pour soutenir la mise en œuvre des plans nationaux CREC.
Vers une CEDEAO mieux préparée aux urgences sanitaires
En plaçant la communication et l’inclusion au centre de la réponse aux crises, la CEDEAO réaffirme sa volonté de renforcer la résilience sanitaire de la région. L’atelier de Lomé s’inscrit ainsi dans la continuité des efforts régionaux visant à bâtir des systèmes de santé plus solides, capables de prévenir, d’anticiper et de répondre efficacement aux urgences sanitaires tout en garantissant l’égalité et la justice sociale.
















