Par René DOKOU, le 10 Juin 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Les 9 et 10 juin 2026, l’Université de Lomé a accueilli l’atelier de validation du rapport sur la sensibilité-climat des budgets publics. Cette rencontre s’inscrit dans cadre du projet régional de la CEDEAO visant à renforcer les capacités institutionnelles pour accéder aux financements climatiques, notamment dans le secteur agricole, particulièrement vulnérable aux aléas.
Une ouverture institutionnelle marquée
La cérémonie inaugurale a été présidée par le Directeur de Cabinet du ministre de l’Environnement, Dr Nabede Pyabalo. Étaient présents le coordonnateur du projet régional, M. Agrignan Esso-Sam, le représentant de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA), M. Bubacar Jalow, le point focal du Fonds vert pour le climat, M. Sossou Komi, ainsi que des experts nationaux et internationaux, parmi lesquels le consultant Jean Rostand Jiadiais Kamga et Mme Kouhoue Sédjidé Akouvi. Les ministères sectoriels et institutions publiques ont également pris part aux travaux.
Une analyse budgétaire sur six ans
Réalisée dans le cadre du programme régional financé par le Fonds vert pour le climat et mise en œuvre par l’ARAA de la CEDEAO, l’étude a porté sur la période 2019-2025. Elle a évalué la contribution des budgets publics togolais à l’adaptation aux changements climatiques et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les résultats confirment des avancées notables dans l’intégration des enjeux environnementaux dans la gouvernance budgétaire.
Des instruments innovants
Le rapport souligne l’introduction du budget-programme, du budget vert et des plans de travail et budgets annuels (PTBA). Ces outils permettent de mieux orienter les investissements publics vers des objectifs climatiques. Une part importante des dépenses analysées contribue positivement à l’action climatique, même si certaines nécessitent une évaluation plus fine pour éviter des impacts défavorables.
Dispositifs nationaux évalués
Les travaux ont également examiné les mécanismes relatifs aux investissements durables, aux marchés publics responsables et au système national de Mesure, Notification et Vérification (MRV). L’étude constate l’existence d’un cadre juridique et institutionnel favorable, mais recommande un renforcement des capacités techniques et opérationnelles pour une mise en œuvre plus efficace.
Un message politique fort
Dans son allocution, le représentant du ministre de l’Environnement a rappelé que l’intégration des considérations climatiques dans la gestion des finances publiques est un levier essentiel pour renforcer la résilience économique et mobiliser davantage de financements verts. Il a exprimé la gratitude du gouvernement togolais envers l’ARAA et la CEDEAO pour leur appui technique et financier, saluant leur rôle dans la mise en œuvre du programme régional.
Validation et recommandations
À l’issue des échanges, les participants ont validé le rapport, sous réserve de la prise en compte des observations formulées. Cette validation fournit aux décideurs publics des orientations stratégiques pour aligner les politiques budgétaires nationales avec les objectifs de développement résilient et sobre en carbone.
Mobiliser davantage de ressources
Les conclusions de l’étude devraient renforcer le plaidoyer en faveur d’une mobilisation accrue des financements nationaux et internationaux. Le secteur agricole, identifié comme le plus vulnérable, est au cœur de cette démarche. En intégrant les enjeux climatiques dans ses budgets, le Togo espère attirer davantage de financements verts et consolider sa position dans l’espace CEDEAO.
Une dynamique régionale
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale portée par la CEDEAO et ses institutions spécialisées. Le projet vise à doter les États membres d’outils et de capacités pour accéder aux financements climatiques et mettre en œuvre leurs priorités sectorielles. Le soutien du Fonds vert pour le climat illustre la volonté de la communauté internationale d’accompagner les pays africains dans la construction d’économies plus résilientes.
Gouvernance budgétaire en mutation
La validation du rapport consacre une nouvelle étape dans la réforme de la gouvernance budgétaire togolaise. En introduisant des instruments tels que le budget vert et le MRV, le pays démontre sa volonté de rendre ses finances publiques plus transparentes et adaptées aux défis environnementaux. Cette mutation est appelée à renforcer la crédibilité du Togo auprès des partenaires techniques et financiers.
Perspectives
Le gouvernement togolais réaffirme, à travers cette initiative, son engagement à poursuivre les réformes en matière de gouvernance climatique et de gestion durable des finances publiques. L’objectif est de bâtir une économie résiliente, inclusive et durable, capable de répondre aux besoins des générations présentes tout en préservant les ressources pour l’avenir.
















