Par René DOKOU, le 22 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Au Togo, la loi de finances, exercice 2026, consacre une nouvelle architecture budgétaire pour le premier gouvernement de la Ve République. Sur une enveloppe globale de 1 143,96 milliards FCFA répartie entre les 30 ministères, plus de 670 milliards FCFA, soit près de 59 %, sont captés par seulement cinq départements ministériels.
Ce choix traduit clairement les priorités stratégiques de l’État, entre capital humain, infrastructures, sécurité, santé et énergie. Sur la base des données officielles, Togo First dresse le classement des ministères aux dotations les plus élevées.
L’éducation, pilier budgétaire de l’État
Le ministère de l’Éducation nationale, dirigé par Mama Omorou, arrive en tête avec une dotation prévisionnelle de 212 milliards FCFA en 2026. Ce montant marque une hausse significative de plus de 15 % par rapport à 2025, où le budget s’élevait à 183 milliards FCFA.
Dans le détail, l’enseignement préscolaire et primaire capte la plus grande part avec 104 milliards FCFA, confirmant la priorité accordée à l’éducation de base. L’enseignement secondaire général bénéficie de 64 milliards FCFA, tandis que l’enseignement technique et la formation professionnelle, levier clé pour l’employabilité des jeunes, se voient attribuer près de 14 milliards FCFA.
Les infrastructures au cœur de la relance économique
Au deuxième rang figure le ministère délégué chargé des Travaux publics et des Infrastructures, confié à Sani Yaya, avec un budget de 149 milliards FCFA. Il s’agit de l’une des plus fortes progressions de l’exercice, avec une hausse de plus de 62 % par rapport aux 92 milliards FCFA de 2025.
L’essentiel de ces ressources, soit 107 milliards FCFA, est destiné à la construction et à la réhabilitation du réseau routier national et des infrastructures publiques. Le développement des pistes rurales mobilisera 23 milliards FCFA, tandis que 17 milliards FCFA seront consacrés à l’entretien du réseau routier existant, un enjeu majeur pour la mobilité et l’intégration économique des territoires.
Défense nationale : stabilité budgétaire dans un contexte sensible
Avec une enveloppe inchangée de 119 milliards FCFA, le ministère de la Défense nationale occupe la troisième place. Cette stabilité budgétaire intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par des défis persistants, notamment dans le nord du pays.
Près de 60 milliards FCFA seront consacrés au soutien des forces de défense, couvrant notamment les dépenses opérationnelles et logistiques. À cela s’ajoute une dotation stratégique de 18 milliards FCFA destinée au renforcement des capacités de l’armée.
Santé : une progression mesurée mais ciblée
Le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture universelle et des Assurances se classe quatrième avec un budget de 118 milliards FCFA, en hausse de 3,6 % par rapport à 2025.
Sur cette enveloppe, 60 milliards FCFA sont dédiés à l’offre et à l’assurance qualité des soins de santé. La promotion de la santé, de l’hygiène publique et la lutte contre la maladie mobiliseront environ 23 milliards FCFA, tandis que 2,7 milliards FCFA sont spécifiquement affectés à la couverture sanitaire universelle, encore en phase de consolidation.
Énergie et mines : cap sur l’électricité pour tous
Le ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières ferme le Top 5 avec une dotation de 71 milliards FCFA, en hausse de 14,5 % par rapport à 2025.
Ces ressources serviront principalement à financer des projets structurants visant l’atteinte de la couverture universelle en énergie électrique à l’horizon 2030, un objectif central de la politique de développement du pays.
En concentrant près de 60 % du budget sur cinq ministères clés, l’État togolais affirme des choix budgétaires orientés vers le développement humain, la modernisation des infrastructures et la résilience nationale.
















