Aného déclare la guerre aux trottoirs occupés et aux raccordements clandestins

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Par René DOKOU, le 17 Août 2026

(IMPARTIAL ACTU)- L’occupation anarchique des espaces publics, longtemps considérée comme une spécificité du Grand Lomé, s’impose désormais comme une réalité nationale. Dans plusieurs communes, les trottoirs sont transformés en lieux de commerce improvisés, au détriment de la circulation et de la salubrité. À Aného, les autorités locales ont décidé de mettre fin à cette pratique en lançant une vaste opération de désengorgement.

L’initiative, pilotée par la mairie des Lacs 1, intervient après une longue campagne de sensibilisation auprès des riverains et des commerçants. Les responsables municipaux ont jugé nécessaire de passer de la pédagogie à l’action, face à l’ampleur du phénomène et à ses conséquences sur la sécurité des usagers. Les équipes techniques de la mairie, appuyées par la brigade verte de l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP), ont été mobilisées pour mener l’intervention.

Le dispositif couvre un large périmètre : du poste frontalier de Sanvee-Condji jusqu’au péage de Vodougbé, en passant par le centre-ville de Yessouvito et les axes reliant Zébé à Anfoin et Zébé à Aklakou. Partout, le même constat s’impose : trottoirs envahis, caniveaux obstrués, voies réduites par des installations illégales. Les agents municipaux ont procédé à des dégagements immédiats, parfois accompagnés de verbalisations.

Certains commerçants ont été convoqués pour dégradation volontaire de la voie publique. Les autorités dénoncent notamment l’installation de structures précaires qui fragilisent les chaussées et entravent la circulation. Au-delà des trottoirs, l’opération a ciblé un autre fléau : le raccordement clandestin des puisards aux caniveaux. Cette pratique, répandue dans plusieurs quartiers, favorise l’insalubrité et constitue un vecteur de maladies hydriques.

La stratégie adoptée repose sur une combinaison de mesures : information, sanctions et dégagements forcés. Les responsables municipaux insistent sur le caractère progressif de l’action, qui vise à responsabiliser les populations tout en rétablissant l’ordre public. Selon eux, la tolérance a atteint ses limites et seule une intervention ferme pouvait inverser la tendance.

Les premières observations montrent déjà des résultats encourageants. Sur plusieurs sites, la fluidité de la circulation s’est améliorée et les trottoirs retrouvent leur vocation initiale. Les habitants saluent une initiative qui redonne de la visibilité aux voies et contribue à l’assainissement du cadre de vie. Toutefois, les autorités locales reconnaissent que la réussite de l’opération dépendra de la constance des contrôles et de la discipline des usagers.

Au-delà d’Aného, cette action illustre une volonté nationale de restaurer l’ordre dans l’occupation des espaces publics. Les municipalités sont appelées à suivre l’exemple, afin de mettre fin à une pratique qui fragilise les infrastructures et compromet la sécurité des citoyens. La bataille contre l’occupation illégale des trottoirs s’annonce longue, mais les autorités affichent leur détermination à la mener jusqu’au bout.

En lançant cette opération, la mairie des Lacs 1 envoie un signal fort : les espaces publics ne sont pas des zones de commerce sauvage, mais des biens collectifs à protéger. Le défi reste désormais de maintenir la vigilance et de renforcer la collaboration entre les services techniques, les brigades d’assainissement et les populations. Car seule une mobilisation continue permettra d’éviter le retour des pratiques dénoncées et de garantir un environnement urbain digne et sécurisé.

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