Par René DOKOU, le 10 Février 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Persuadé que l’alternance politique ne se gagne pas seulement à coups de discours, mais aussi à coups de billets, Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), a lancé lundi un appel solennel à contribution financière à l’endroit des militants, sympathisants et membres de la diaspora. Une initiative qui remet au centre du jeu une réalité souvent tue de la vie politique : sans moyens financiers, aucun combat durable n’est possible.
Selon les responsables du parti, cette quête financière constitue l’un des piliers fondamentaux du fonctionnement de l’ANC et de son indépendance politique. Elle vise à assurer le financement de la mobilisation citoyenne en faveur de l’alternance, à faire vivre les structures locales sur l’ensemble du territoire et à maintenir la machine militante en état de marche. En filigrane, le message est clair : l’engagement politique, aussi noble soit-il, a un coût.
Pour montrer l’exemple et donner un signal de confiance, la direction de l’ANC annonce avoir déjà mobilisé une enveloppe de 620 000 francs CFA. Une somme modeste à l’échelle des ambitions affichées, mais présentée comme un premier pas encourageant. Le parti espère désormais un sursaut collectif, invitant ses militants et donateurs à « mettre la main à la poche » afin de renflouer les caisses et soutenir les prochaines actions sur le terrain.
L’exercice, en réalité, n’a rien de nouveau. Depuis sa création, l’ANC s’est largement appuyée sur les contributions populaires pour financer ses activités. Les femmes des marchés, les militants de base et les soutiens de terrain ont longtemps constitué l’épine dorsale de cette solidarité financière. Une tradition militante profondément enracinée, mais qui a souvent été mise à rude épreuve par le temps et les circonstances politiques.
Car ces dernières années, la dynamique interne du parti a connu des zones de turbulence. Certains choix stratégiques, notamment la participation aux dernières élections municipales, ont suscité de vives critiques au sein de la base militante. Pour une frange des sympathisants, ces décisions ont été perçues comme des concessions mal assumées, voire comme un affaiblissement de la ligne de fermeté historiquement revendiquée par l’ANC.
Conséquence directe : la ferveur militante s’est progressivement émoussée. Les grandes mobilisations populaires qui faisaient jadis la force du parti ont perdu en intensité, et l’enthousiasme des soutiens s’est parfois transformé en scepticisme. Dans ce contexte, la question du financement devient un véritable test de confiance entre la direction et sa base.
Reste donc à savoir si ce nouvel appel à contribution trouvera un écho enthousiaste auprès des militants et de la diaspora, ou s’il viendra simplement confirmer une réalité plus tenace : l’usure politique finit aussi par toucher les portefeuilles. Une chose est certaine toutefois : dans un paysage politique de plus en plus concurrentiel, l’ANC joue une partie décisive. Et comme souvent en politique, l’alternance ne se proclame pas, elle se finance.
















