Hausse des Prix du carburant : le FTSCD réclame des comptes au gouvernement

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Par René DOKOU, le 30 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)-Le Forum togolais de la société civile pour le développement (FTSCD) hausse le ton. Lors d’un point de presse tenu mercredi 30 septembre 2026 à Lomé, son directeur exécutif, Kérim Plé, a vivement critiqué le relèvement des prix des produits pétroliers entré en vigueur le 11 septembre. Il dénonce une décision prise sans concertation ni explication, dans un climat de vie chère où le pouvoir d’achat des ménages est déjà fortement éprouvé.

Des tarifs en nette progression

Un arrêté interministériel a fixé les nouveaux prix à la pompe, invoquant les fluctuations des cours mondiaux. Le litre de super sans plomb passe de 725 à 817 FCFA, soit 92 FCFA de plus. Le mélange deux temps grimpe de 811 à 896 FCFA, une augmentation de 85 FCFA. Le gasoil passe de 750 à 766 FCFA, tandis que le pétrole lampant, jusque-là cédé à 1 040 FCFA, atteint 1 056 FCFA, soit 16 FCFA de plus dans les deux cas.

Pour le FTSCD, les hausses les plus lourdes touchent précisément les produits les plus utilisés au quotidien. Le forum estime qu’elles pèseront sur le panier de la ménagère et freineront la consommation.

Un silence jugé méprisant

Le premier grief du FTSCD porte sur le mutisme des autorités. Habituellement, le gouvernement communique lorsque les prix sont révisés. Cette fois, rien. « Le gouvernement n’a fourni aucune explication claire », a déploré Kérim Plé, pour qui la seule justification avancée, la flambée des cours mondiaux, ne suffit pas.

Selon lui, la plupart des Togolais ont découvert la nouvelle sur les réseaux sociaux, et aucun membre du gouvernement ne s’est exprimé depuis. Le responsable associatif y voit un manque de considération, voire du mépris à l’égard de la population, et réclame que toute décision de cette portée soit expliquée publiquement.

La Constitution invoquée

Le FTSCD s’appuie sur la Constitution entrée en vigueur en mai 2024. L’article 24 de la Déclaration des droits et devoirs fondamentaux, annexée à la loi n° 2024-005, dispose que les citoyens contribuent aux dépenses publiques selon leur capacité économique, dans un système fiscal juste, fondé sur l’égalité et la progressivité.

Or, souligne l’orateur, l’écart à la pompe, arrondi à 95 voire 100 francs pour le super, est considérable pour le Togolais moyen. Il demande qu’on justifie à la fois la décision et l’ampleur de la hausse. Le manque de transparence sur la fiscalité intégrée au prix des carburants nourrit, selon le forum, un débat de conformité avec cette disposition.

Les taxes au cœur de la demande de clarté

Le FTSCD veut savoir ce que représentent réellement les taxes dans chaque litre vendu. Les contribuables financent routes, écoles et hôpitaux, mais ignorent la part qui revient à l’État et le prix qui serait pratiqué hors taxes, aux niveaux des douanes, des dépôts et de la distribution.

Des instruments de dialogue ignorés

Sur la méthode, Kérim Plé rappelle l’existence de la Commission nationale sur la vie chère, instituée par arrêté le 16 mars 2011, et du Conseil national du dialogue social, créé par la loi du 13 décembre 2006 portant Code du travail. Ces cadres, toujours en place, constituent selon lui un espace idéal d’échanges avec les syndicats, les associations de consommateurs et le secteur privé.

Les contourner n’est pas une pratique courante, admet-il, mais il refuse que cela le devienne. Une telle mise à l’écart comporte, avertit le forum, un risque majeur de crise sociale. Il interpelle donc le Parlement, contre-pouvoir et représentant du peuple, afin qu’il auditionne les ministères compétents et exige des réponses précises sur la gouvernance et la gestion du secteur pétrolier.

La subvention en question

Le FTSCD propose par ailleurs de profiter de la préparation de la loi de finances 2027 pour débattre de la pertinence de la subvention aux produits pétroliers. Son enveloppe est passée d’environ 25 milliards de francs en 2025 à près de 14 milliards en 2026. Ces milliards ne seraient-ils pas mieux employés ailleurs ? Certaines institutions d’appui budgétaire le suggèrent : revalorisation des pensions de retraite, des salaires, des allocations familiales et des bourses.

Pour Kérim Plé, le dispositif profite surtout aux gros consommateurs de carburant, donc aux ménages les plus aisés, alors que les populations vulnérables sont les premières frappées par les hausses. Le forum invite le gouvernement à ouvrir un dialogue avec les acteurs du secteur, les partenaires sociaux et le patronat sur la raison d’être de cette aide et sur son efficacité réelle.

L’opacité du secteur pétrolier pointée du doigt

Le responsable associatif dénonce enfin le flou qui entoure la filière. Certaines voix affirment que la subvention serait détournée à d’autres fins. Il demande donc aux autorités d’expliquer où les produits sont commandés, comment ils sont stockés puis distribués, afin que chacun comprenne le prix payé à la pompe.

Des recommandations fortes

Reconnaissant les efforts du gouvernement dans la maîtrise de l’inflation, le FTSCD l’exhorte néanmoins à tout mettre en œuvre pour améliorer le pouvoir d’achat, à travers une fiscalité « humanisée » et une revalorisation des revenus, qu’il s’agisse des pensions, des salaires, des allocations familiales ou des bourses.

Le forum a clos son exposé en annonçant la lecture de ses recommandations, qui reprennent ces demandes : audition des ministères par le Parlement, réactivation des cadres de concertation, débat sur la subvention dans la loi de finances 2027 et amélioration des revenus des Togolais.

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