Par René DOKOU, le 13 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Pékin cette semaine, Moscou fin octobre. Le Togo avance entre les grandes puissances sans se laisser enfermer dans un camp, et en tire profit.
Le succès d’une politique étrangère ne se mesure pas au nombre de capitales visitées. Il se juge à ce qu’elle apporte concrètement à la population : des emplois, des infrastructures, des débouchés pour les produits locaux, des exploitations mieux équipées. C’est à ce critère que Lomé juge ses partenariats, et c’est à lui que sa stratégie d’ouverture répond.
Un calendrier diplomatique chargé
Faure Gnassingbé est reçu cette semaine en Chine. Les 28 et 29 octobre, Moscou accueillera le troisième sommet Russie-Afrique. Ces deux rendez-vous illustrent la progression de deux puissances sur le continent, qui avancent leurs pions sur le terrain économique comme sur le plan diplomatique.
Dans la capitale togolaise, on ne voit pas là un dilemme à trancher. Les autorités y lisent une occasion à saisir. Le message est constant : le pays reste ouvert à de nouveaux partenaires, sans renier les coopérations de longue date.
Des chantiers qui appellent plusieurs partenaires
Le Togo a des projets : routes, énergie, usines, modernisation de l’agriculture. Ces chantiers exigent des financements, des technologies, des marchés et des compétences. Aucun partenaire ne peut tout fournir à lui seul. Multiplier les interlocuteurs revient donc à donner à chaque projet davantage de chances d’aboutir.
Une ligne qui ne varie pas
Cette orientation n’a rien de nouveau. En novembre 2025, Faure Gnassingbé avait été reçu à Moscou par Vladimir Poutine. Au programme figuraient le commerce, l’agriculture, l’énergie et la sécurité alimentaire. Aujourd’hui, c’est Pékin qui lui ouvre ses portes. La logique reste identique : le Togo choisit ses partenaires selon ses propres besoins, et non en fonction des rivalités qui opposent les autres.
Un atout pour un pays de taille modeste
À l’heure où les grandes puissances se disputent les alliances, cette liberté de parole constitue un avantage. Elle permet à un pays de dimension modeste de se faire entendre, de mettre les offres en concurrence et de négocier les meilleures conditions pour ses habitants. Les partenaires historiques n’y perdent rien : la confiance se consolide d’autant mieux qu’elle n’est pas exigée en exclusivité.
Une méthode assumée
Lomé en fait une manière de gouverner qui a fait ses preuves : dialoguer avec tous, parce qu’on n’a rien à dissimuler et beaucoup à bâtir. Le pays n’a pas à choisir entre ses amis. Son enjeu est surtout de les mettre au service de son développement.
















