Leadership féminin : Lomé, capitale de la transformation politique africaine

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Par René DOKOU, le 16 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Du 16 au 18 septembre, Lomé s’est imposée comme le théâtre d’un rendez‑vous inédit : la Conférence régionale des jeunes femmes en leadership politique. Vingt‑sept participantes venues du Bénin, de la République démocratique du Congo et du Togo ont pris place pour trois jours de débats et de formation.

L’événement, porté par le GF2D en partenariat avec la Fondation Hanns Seidel, s’est fixé un objectif clair : dresser un état des lieux des programmes nationaux favorisant la participation politique des femmes, identifier les obstacles persistants et tracer des perspectives communes.

Des chiffres qui interpellent

Les données démographiques rappellent l’ampleur du défi. Les femmes représentent plus de la moitié des populations au Togo (51,3 %), au Bénin (51,2 %) et en RDC (près de 50 %). Pourtant, leur présence parlementaire reste marginale : environ 20 % des sièges au Togo, 28 % au Bénin grâce aux quotas introduits en 2023, et seulement 13 % en RDC. Cette « équation démographique non résolue » a servi de fil conducteur aux interventions de la cérémonie d’ouverture.

L’Allemagne appelle à l’action

Le premier à prendre la parole fut l’ambassadeur d’Allemagne, Stefan Messerer. Son message a dépassé la seule question du genre : « Parler de la place des femmes en politique, ce n’est pas parler uniquement des femmes. C’est parler de démocratie, de justice et de développement inclusif. » Il a dénoncé les freins persistants  normes sociales, manque de financement, violences et harcèlement  avant de rappeler que « la participation politique des femmes n’est pas une faveur, mais un droit ». Pour lui, l’égalité est un projet collectif où les hommes doivent être des partenaires actifs.

La voix du GF2D : solidarité et franchise

Mme Gina Adekambi, directrice exécutive du GF2D, a insisté sur la portée symbolique de la rencontre : « Votre présence ici est en elle‑même un symbole puissant, celui d’une solidarité qui dépasse les frontières. » Elle a invité les participantes à la sincérité : « Cette conférence n’aura de valeur que si nous acceptons de reconnaître nos limites autant que nos succès. » Une exigence qui traduit la volonté de transformer les échanges en leviers concrets.

Le Togo met en avant ses acquis

Représentant la ministre des Solidarités et du Genre, Mme Kododji Cherilatou Traoré a détaillé les efforts du Togo : formation de 323 femmes, création de 204 clubs cantonaux de paires éducatrices, accompagnement de 204 candidates aux municipales de 2025. Elle a rappelé que la participation féminine « contribue à la qualité de la démocratie et à la diversité des points de vue ». Son intervention s’est conclue par l’ouverture officielle des travaux au nom du gouvernement togolais.

Les municipalités en soutien

Le deuxième adjoint au maire du Golfe 2, M. Hounkporti, a adressé un message direct aux participantes : « Vous n’êtes pas seulement l’avenir, vous êtes le présent de l’action politique. » Il a salué la dynamique régionale créée par la conférence et assuré que la mairie resterait « une maison ouverte aux initiatives qui promeuvent les droits des femmes et l’engagement citoyen ».

Trois jours de réflexion et de culture

Le programme s’est articulé autour de quatre communications thématiques : cadres juridiques, bonnes pratiques, obstacles à l’engagement et perspectives de coopération régionale. Les débats et travaux de groupe visent à produire des recommandations communes aux trois pays. La dernière journée a pris une dimension culturelle avec la visite du Palais de Lomé, du Village artisanal et du Marché des fétiches d’Akodésséwa, avant un dîner de clôture réunissant participantes et décideurs.

Un pari sur la durabilité

Au‑delà des discours, l’enjeu est de transformer l’essai. Le GF2D espère qu’au moins 70 % des participantes exprimeront une volonté accrue de s’impliquer dans la vie politique et qu’une plateforme régionale d’échanges verra le jour. L’ambition est claire : faire de cette conférence un tremplin vers une dynamique durable, capable de renforcer la voix des femmes dans les instances décisionnelles.

Une équation régionale à résoudre

Le contraste entre poids démographique et faible représentation politique reste le défi majeur. Les quotas introduits au Bénin montrent qu’une volonté politique peut changer la donne, mais la RDC illustre la persistance des obstacles. Le Togo, en multipliant les formations et les clubs éducatifs, tente de bâtir un socle solide. La conférence de Lomé, en réunissant ces expériences, cherche à transformer les disparités en opportunités de coopération.

Vers une nouvelle génération de leaders

Au fil des interventions, une conviction s’est imposée : la relève est déjà là. Les jeunes femmes présentes incarnent une génération prête à s’engager, à briser les barrières et à imposer une nouvelle culture politique. Comme l’a résumé un intervenant : « Ce n’est pas seulement une conférence, c’est la naissance d’un réseau. »

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