Togo : les Sénateurs débattent sur la santé reproductive à Kpalimé

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Par René DOKOU, le 22 Mai 2026

(IMPARTIAL ACTU)- À Kpalimé, dans la région des Plateaux, les sénateurs togolais se sont réunis le 20 mai 2026 pour un atelier de réflexion consacré aux droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR). Pendant trois jours, les parlementaires analyseront les enjeux sanitaires et juridiques liés à la mortalité maternelle et aux droits reproductifs, dans un contexte où les défis restent préoccupants.

Des partenaires engagés

La rencontre est organisée avec l’appui de la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME), en partenariat avec l’ATBEF et Ipas Afrique Francophone. Objectif : renforcer les connaissances des sénateurs, examiner le cadre juridique national et proposer des pistes pour un environnement législatif plus protecteur.

Une urgence sanitaire persistante

Madame Noélie Koevi-Koudam, Directrice exécutive de l’ATBEF, a rappelé l’ampleur du défi : « Le Togo enregistre encore environ 400 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, alors que la cible des ODD est fixée à moins de 70 d’ici 2030 ». Elle a insisté sur la nécessité d’actualiser les textes juridiques afin de les adapter aux réalités sociales et démographiques actuelles.

Le rôle stratégique du Sénat

La Directrice de l’ATBEF a souligné la responsabilité des parlementaires : « Le Sénat, en tant que deuxième chambre, joue un rôle stratégique dans l’examen et l’adoption des lois ». Les sénateurs sont appelés à contribuer activement à l’évolution du cadre normatif, en cohérence avec les directives régionales et internationales.

Les causes de la mortalité maternelle

Monsieur Aboudou N. Soro, représentant d’Ipas Afrique Francophone, a mis en lumière les causes directes de la mortalité maternelle. Selon lui, les avortements clandestins et les complications obstétricales représentent près de 18 % des décès. Il a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les autorités dans la recherche de solutions durables.

Les réformes gouvernementales

Docteur Tchandana Makilioube, Directrice de la Santé de la Mère et de l’Enfant, représentant le ministre de la Santé, a rappelé les réformes engagées : subvention de la césarienne, programme WEZOU et assurance maladie universelle. Elle a salué les progrès réalisés, tout en reconnaissant que les résultats restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés.

Une responsabilité parlementaire affirmée

S’adressant aux sénateurs, Dr Makilioube a insisté : « Vous occupez une place décisive pour faire avancer l’alignement de notre cadre national sur les directives régionales et internationales ». Les parlementaires sont ainsi invités à jouer un rôle moteur dans la mise en place d’un environnement juridique plus favorable à la santé reproductive.

Des échanges riches et constructifs

La première journée a été marquée par plusieurs communications : introduction aux DSSR, présentation du cadre législatif togolais et état des lieux de la mortalité maternelle. Ces échanges ont permis aux sénateurs d’approfondir leur compréhension des enjeux sanitaires et sociaux, ouvrant la voie à une réflexion sur l’amélioration du cadre normatif.

Cet atelier de Kpalimé illustre la volonté des autorités togolaises et de leurs partenaires de renforcer la protection des droits en santé sexuelle et reproductive. Les débats qui s’y tiennent devraient contribuer à l’élaboration de lois plus adaptées aux réalités du pays et aux aspirations des populations.

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