Par René DOKOU, le 22 Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)- En marge du Forum Biashara Africa 2026, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) a organisé, en partenariat avec la Fédération des Chambres de Commerce et d’Industrie de l’Afrique de l’Ouest (FEWACCI), un side event stratégique consacré à la transformation numérique du commerce africain. L’objectif : démontrer comment le digital peut devenir un levier décisif pour accélérer la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).
Le digital, catalyseur d’intégration économique
Les débats ont convergé vers une idée centrale : sans une digitalisation profonde des procédures commerciales, la ZLECAf ne pourra atteindre ses ambitions. Pour le président de la CCI-Togo, Dr José Kwassi Symenouh, le numérique est désormais incontournable pour rapprocher les entreprises, réduire les lourdeurs administratives et rendre l’environnement économique plus compétitif et inclusif.
La FEWACCI, par la voix du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Nigéria (NACCIMA), a rappelé que la ZLECAf dépasse le simple cadre commercial : elle incarne un instrument de souveraineté économique et de transformation industrielle pour l’Afrique.
Les obstacles persistants
Malgré les avancées, les freins au commerce intra-africain demeurent :
Lourdeurs administratives qui ralentissent les échanges.
Coûts logistiques élevés qui pénalisent la compétitivité.
Fragmentation des systèmes commerciaux qui limite l’interopérabilité entre États.
Les intervenants ont plaidé pour une accélération de la dématérialisation des documents, l’interconnexion des systèmes et le renforcement des outils d’analyse de risques afin de disposer de données fiables pour orienter les politiques publiques.
Réformes et initiatives togolaises
Le représentant du ministre de l’Économie et de la Veille stratégique a mis en avant les réformes engagées par le Togo pour améliorer l’environnement des affaires. Parmi elles, l’exemption récente de visa pour les ressortissants africains détenteurs d’un passeport valide, une mesure saluée comme un pas concret vers la facilitation des échanges régionaux.
Coopération Togo–Nigéria
Un moment fort de la rencontre a été la signature d’un mémorandum d’entente (MoU) entre la CCI-Togo et la NACCIMA. Cet accord prévoit :
Le partage d’expériences.
Le renforcement de la coopération économique.
La fluidification des échanges entre opérateurs.
Le développement d’initiatives conjointes et la promotion des opportunités offertes par la ZLECAf.
Les PME au cœur du débat
Le premier panel a mis l’accent sur l’accès des PME aux opportunités numériques : plateformes digitales des Chambres de Commerce, certificats d’origine électroniques, financement digital et e-commerce.
Le second panel s’est concentré sur la facilitation du commerce via des corridors digitalisés, la simplification des procédures douanières et la logistique intelligente.
Vers une action plus opérationnelle
Au terme des échanges, un constat s’impose : les Chambres de Commerce doivent dépasser le rôle institutionnel pour devenir des acteurs opérationnels de la ZLECAf. Les participants ont insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre États et d’une intégration plus poussée des outils numériques.
Une tendance irréversible
La rencontre de Lomé a confirmé une évidence : la transformation digitale du commerce africain n’est plus une option, mais une obligation. Pour donner corps à la ZLECAf et bâtir un marché continental compétitif, inclusif et souverain, le digital s’impose comme le moteur incontournable de l’intégration économique africaine.
















