Togo : les finances publiques amorcent une trajectoire plus équilibrée

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Par René DOKOU, le 13 Avril 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Au Togo, le déficit en matière des finances publiques est voie de résorption. Selon le rapport Africa Economic Update 2026 de la Banque mondiale, le déficit budgétaire global devrait passer de -6,8 % du PIB en 2024 à -3,5 % en 2025, avant de se stabiliser autour de -3 % entre 2026 et 2028. Cette évolution traduit une volonté de maîtrise des dépenses et d’amélioration des recettes, deux leviers essentiels pour renforcer la crédibilité budgétaire du pays.

Un solde primaire en nette amélioration

Au-delà du déficit global, le solde primaire – qui exclut les paiements d’intérêts sur la dette – montre des signes encourageants. Cet indicateur, clé pour évaluer la gestion budgétaire hors dette, tend vers l’équilibre. La Banque mondiale souligne que les progrès les plus notables dans la région sont attendus au Ghana, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone, au Sénégal et au Togo. Concrètement, cela signifie que les recettes publiques couvrent de mieux en mieux les dépenses courantes, renforçant la marge de manœuvre de l’État.

Une dette encore lourde à porter

Malgré ces avancées, la dette publique demeure élevée. Elle est estimée à 66,2 % du PIB en 2024, avec une baisse attendue à 63 % en 2025, puis autour de 61,8 % en 2028. Bien que ce niveau reste en deçà du seuil de 70 % fixé par l’UEMOA, il continue de peser sur les finances nationales. Le principal obstacle réside dans le coût des intérêts, qui absorbe une part significative des ressources publiques. Dans la région, ces paiements représentent entre 2,9 % et 3,2 % du PIB, parfois supérieurs aux budgets consacrés à la santé ou à l’éducation.

Un équilibre fragile face aux pressions extérieures

La consolidation budgétaire du Togo repose sur une croissance des recettes plus rapide que celle des dépenses. Toutefois, la soutenabilité à moyen terme dépendra de la capacité du pays à contenir le coût de la dette, tout en maintenant les investissements nécessaires à la croissance. Le défi est d’autant plus complexe que le contexte international reste marqué par une volatilité accrue et des pressions inflationnistes persistantes. Ces facteurs pourraient limiter les marges de manœuvre budgétaires et freiner les ambitions de développement.

Entre discipline budgétaire et impératif de croissance

Pour les autorités togolaises, l’enjeu est double : poursuivre l’assainissement budgétaire afin de réduire le déficit et préserver les investissements structurants indispensables au développement. La Banque mondiale insiste sur la nécessité d’une gestion prudente, qui concilie rigueur et soutien à la croissance. Le pays devra donc maintenir une discipline budgétaire stricte, tout en veillant à ne pas compromettre les secteurs sociaux et les infrastructures, moteurs de l’économie.

Le Togo semble engagé sur une trajectoire de redressement budgétaire, avec des indicateurs en amélioration et une dette en légère décrue. Mais l’équilibre reste fragile, tributaire de la maîtrise des intérêts et des aléas économiques mondiaux. La réussite de cette stratégie dépendra de la capacité du pays à transformer ses efforts budgétaires en croissance durable et inclusive.

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