Par René DOKOU, le 13 Avril 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Lomé a vibré samedi au rythme de l’Afrique unie. À l’occasion du cinquantenaire de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le ministre togolais des Finances et du Budget, Essowé Georges Barcola, a inauguré le « Village Cédéao », un espace festif et culturel rassemblant les ressortissants des quinze États membres résidant au Togo.
Un village pour l’unité africaine
Le « Village Cédéao » s’est imposé comme le symbole d’une fraternité partagée. Musiques, danses, gastronomie et artisanat ont illustré la richesse des cultures ouest-africaines. L’événement a permis de mettre en lumière la diversité des peuples tout en affirmant une identité commune. Pour le ministre Barcola, cette célébration est une manière de rappeler que l’intégration régionale ne se limite pas aux institutions, mais qu’elle vit dans le quotidien des citoyens.
Un héritage fondateur toujours vivant
Créée le 28 mai 1975 par la volonté du général Gnassingbé Eyadema et du président nigérian Yakubu Gowon, la Cédéao s’est imposée en cinq décennies comme le principal moteur d’intégration en Afrique de l’Ouest. Le ministre a salué cet héritage, citant le président du Conseil Faure Gnassingbé : « Faire de notre organisation une Cédéao des peuples, enlever les dernières barrières, responsabiliser notre jeunesse, miser sur l’agriculture et l’industrialisation. »
Depuis ses origines, Lomé joue un rôle actif dans le dialogue politique et la médiation régionale. Le gouvernement togolais continue de faire de l’intégration un levier de développement économique et de cohésion sociale.
Des acquis indéniables, des défis persistants
La Cédéao a marqué des avancées notables : libre circulation des personnes et des biens, interconnexion des marchés, inclusion financière. Ces acquis traduisent une volonté de bâtir une communauté économique solide. Pourtant, les obstacles demeurent : entraves aux frontières, déficits infrastructurels, menaces sécuritaires. Ces défis rappellent que l’intégration est un processus en construction, nécessitant une action collective renforcée.
Le ministre Barcola a insisté sur la nécessité de transformer ces difficultés en opportunités. Pour lui, le jubilé d’or doit marquer l’avènement d’une organisation « renforcée, plus compétitive, plus attractive », tournée vers la prospérité des populations.
La Vision 2050 comme cap d’avenir
La Cédéao s’est dotée d’une Vision 2050, centrée sur le citoyen. Elle ambitionne de bâtir une région stable, prospère et inclusive, où chaque individu bénéficie des fruits de l’intégration. Cette feuille de route met l’accent sur la jeunesse, l’innovation, l’agriculture durable et l’industrialisation.
La représentante de la Cédéao au Togo, Dédé Émilie Gray, présente lors de la cérémonie, a rappelé que cette vision ne pourra se concrétiser qu’avec l’engagement des États membres et la participation active des citoyens.
Cinquante ans, un nouveau départ
Le cinquantenaire de la Cédéao n’est pas seulement une commémoration. Il marque un tournant. L’organisation, née dans un contexte de quête d’unité et de stabilité, doit aujourd’hui répondre aux aspirations d’une population jeune et dynamique. Les défis sécuritaires, économiques et sociaux exigent une solidarité accrue.
À Lomé, la fête a été un moment de mémoire et de projection. Mémoire d’un chemin parcouru, projection vers un avenir où l’Afrique de l’Ouest se veut unie, compétitive et résolument tournée vers ses citoyens.
















