L’Afrique bientôt écartée de la carte diplomatique américaine ?

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Par René DOKOU, 21 Avril 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Les États-Unis, longtemps maîtres dans l’art du « soft power », semblent amorcer un virage radical dans leur stratégie diplomatique mondiale. Selon des révélations du New York Times, un projet de décret présidentiel encore confidentiel prévoit une « réorganisation structurelle totale » du département d’État américain. Une initiative qui pourrait bouleverser les équilibres diplomatiques mondiaux, et dont l’Afrique serait la première victime.

Des coupes ciblées et controversées

Le plan envisagé impliquerait la suppression pure et simple de plusieurs bureaux emblématiques du département d’État, notamment ceux en charge du changement climatique, de la démocratie et des droits fondamentaux. Ces thématiques, régulièrement ciblées par l’ancienne administration Trump, semblent à nouveau reléguées au second plan.

Parmi les mesures les plus frappantes, la réduction drastique de la présence diplomatique dans certaines capitales alliées. À Ottawa, par exemple, l’ambassade américaine devrait être considérablement réduite, une décision surprenante alors que Donald Trump continue d’exprimer des ambitions provocatrices à l’égard du Canada, qu’il qualifie ironiquement de « 51ème État » américain.

L’Afrique écartée de la carte diplomatique

Mais c’est bien l’Afrique qui paiera le prix fort de cette réorganisation. Selon le projet, Washington ne considérerait plus le continent comme une zone prioritaire. Seules quatre régions continueraient de bénéficier d’une présence diplomatique renforcée : l’Eurasie, le Moyen-Orient, l’Amérique latine et l’Asie-Pacifique. Le bureau du département d’État dédié à l’Afrique serait donc supprimé.

En lieu et place, un « bureau de l’envoyé spécial pour les affaires africaines » serait créé. Celui-ci relèverait directement du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, court-circuitant ainsi le département d’État. Une évolution qui pourrait limiter la marge de manœuvre diplomatique et affaiblir le dialogue direct entre Washington et les capitales africaines.

Démentis et inquiétudes

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a démenti ces informations, affirmant qu’il n’existe « aucun plan concret » à ce jour. Pourtant, les fuites relayées par le New York Times ont provoqué un début de fronde au sein même du département d’État et inquiètent plusieurs partenaires étrangers, notamment en Afrique de l’Ouest et dans la Corne de l’Afrique, où les États-Unis jouent encore un rôle-clé dans la lutte contre le terrorisme et les efforts de développement.

Cette réorientation, si elle se confirme, pourrait marquer un tournant historique pour la diplomatie américaine, abandonnant progressivement son rôle de puissance globale inclusive au profit d’une approche plus sélective, guidée par des intérêts géostratégiques stricts. Un pari risqué dans un monde où les rapports de force évoluent rapidement, et où l’influence ne se mesure plus uniquement en bases militaires, mais aussi en partenariats durables.

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