Par René DOKOU, le 10 Avril 2026
(IMPARTIAL ACTU)- La capitale togolaise a accueilli, du 7 au 9 avril 2026, la 17e Conférence des présidents d’Assemblée et de Section de la région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Pendant trois jours, les parlementaires francophones ont débattu des enjeux politiques, sécuritaires et institutionnels qui traversent l’espace africain francophone. Les discussions ont abouti à une série de recommandations concrètes, consignées dans la Déclaration de Lomé et le communiqué final.
Une inquiétude face aux crises mondiales
La Déclaration de Lomé traduit une vive préoccupation des parlementaires face à la multiplication des conflits armés en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Les conséquences humanitaires, sécuritaires et économiques de ces crises ont été largement soulignées. Les participants ont condamné les violations du droit international humanitaire et réaffirmé leur attachement à la souveraineté des États, citant notamment les cas du Liban et de la République démocratique du Congo.
Ils ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, à la reprise de négociations inclusives et au respect des droits des populations civiles. Les parlements, ont-ils insisté, doivent jouer un rôle central dans la prévention des crises et la consolidation de la paix.
Diplomatie parlementaire et processus démocratiques
Les débats ont également porté sur l’évolution politique dans plusieurs pays francophones. La Conférence s’est félicitée du bon déroulement des élections en République centrafricaine, au Gabon et en Guinée, tout en appelant à la vigilance face aux défis persistants.
Les parlementaires ont réaffirmé leur attachement aux principes démocratiques et condamné toute prise de pouvoir par des moyens anticonstitutionnels. Ils ont plaidé pour un renforcement de la diplomatie parlementaire, à travers des missions de terrain et des actions concertées. Une mission de l’APF Afrique sera ainsi diligentée dans les États du Sahel et en Guinée-Bissau afin de soutenir les efforts de prévention des conflits.
Perspectives et prochaines échéances
La Conférence a fixé les thèmes du débat général de la 32e Assemblée régionale Afrique, prévue les 18 et 19 mai 2026 au Sénégal. Les discussions porteront sur les crises internationales, la souveraineté africaine et le rôle des parlements dans la promotion d’une paix durable.
Par ailleurs, la section gabonaise de l’APF a exprimé sa volonté d’accueillir la 18e Conférence des présidents en 2027, une proposition qui sera confirmée lors de la prochaine assemblée régionale à Dakar.
Hommages et reconnaissance au Togo
Dans une motion de remerciements, les participants ont salué l’accueil chaleureux et l’organisation réussie de la rencontre par la section togolaise de l’APF. Ils ont rendu hommage au Président de l’Assemblée nationale, Professeur Komi Selom Klassou, et au Président du Sénat, Barry Moussa Barqué, pour leur engagement.
La Conférence a également exprimé sa gratitude au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, ainsi qu’au peuple togolais pour leur hospitalité. Les parlementaires ont souligné la qualité des échanges et l’esprit de concertation qui ont renforcé la cohésion entre les sections africaines.
Un appel à l’action
Dans son discours de clôture, le Président de l’Assemblée nationale du Togo, Professeur Komi Selom Klassou, a salué la mobilisation des participants et la qualité des travaux. Il a insisté sur la nécessité de traduire les engagements en actions concrètes, afin de renforcer la crédibilité des institutions parlementaires et d’œuvrer au bien-être des populations.
« Les conclusions issues de la Conférence constituent une véritable promesse faite aux peuples, engageant la responsabilité des parlementaires devant l’histoire », a-t-il déclaré.
Une conférence marquée par la solidarité francophone
Au-delà des résolutions adoptées, la Conférence de Lomé a illustré la vitalité de la solidarité francophone en Afrique. Les parlementaires ont réaffirmé leur attachement aux valeurs de la Francophonie et leur volonté de renforcer la coopération régionale. Les engagements pris à Lomé traduisent une ambition commune : faire des parlements africains des acteurs incontournables de la paix, de la démocratie et du développement.
















