161 décès pour 100 000 naissances : le Togo infléchit la courbe de la mortalité maternelle

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Par René DOKOU, le 28 Juillet 2026

(IMPARTIAL ACTU)-Entre 2019 et 2024, les maternités togolaises ont enregistré une baisse marquée de la mortalité maternelle institutionnelle : de 314,9 à 161 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Un recul institutionnel significatif

Ce résultat traduit une amélioration tangible des dispositifs de prise en charge, une meilleure organisation des parcours obstétricaux et une vigilance accrue face aux grossesses à risque. Chaque vie préservée devient désormais un indicateur de performance sanitaire autant qu’un symbole de progrès social.

La culture de l’évaluation s’installe

Pendant longtemps, le ratio communautaire avoisinant 399 à 401 décès pour 100 000 naissances vivantes illustrait la persistance des complications obstétricales. Aujourd’hui, la tendance s’atténue grâce aux audits systématiques des décès en maternité. Derrière cette méthode se cache une philosophie claire : aucun décès ne doit être considéré comme une fatalité. Chaque cas est disséqué pour comprendre les failles retard d’alerte, transfert tardif, protocole incomplet, équipement manquant et transformer ces constats en correctifs concrets.

Un changement de gouvernance sanitaire

Cette approche traduit une mutation profonde de la gouvernance de la santé maternelle. L’enjeu n’est plus seulement de comptabiliser les pertes, mais d’identifier les mécanismes qui les provoquent afin de les prévenir. Reconnaître les insuffisances, y répondre et maintenir le cap malgré les obstacles devient la véritable mesure de l’action publique. Le recul des décès maternels n’est pas seulement une statistique : il incarne la capacité d’un système à protéger les femmes et à renforcer la confiance des citoyens.

Un impact social et familial majeur

Réduire la mortalité maternelle, c’est préserver des familles, protéger des nouveau-nés et éviter des ruptures sociales. Chaque mère sauvée représente une stabilité renforcée pour son foyer et une continuité pour la société. Les indicateurs récents, bien qu’encore éloignés des cibles des Objectifs de développement durable (ODD), suggèrent que le modèle déployé au Togo est porteur d’espoir. La prévention des décès maternels s’impose désormais comme une priorité nationale et un marqueur de civilisation.

Un défi continental

Dans un contexte africain où de nombreux pays peinent à infléchir durablement la mortalité maternelle, l’expérience togolaise apparaît comme une trajectoire encourageante. Elle ne gomme pas les défis persistants — disparités régionales, insuffisances d’infrastructures, besoins en ressources humaines qualifiées mais elle démontre qu’une stratégie méthodique, fondée sur l’évaluation et la prévention, peut transformer les perspectives.

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