Un avocat togolais en première ligne du partenariat minier RDC–États-Unis

0
1116

Par René DOKOU, le 10 Juin 2025

(IMPARTIAL ACTU)-La République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis sont en pleine négociation d’un accord stratégique portant sur l’exploitation et la sécurisation de minerais critiques. Au cœur de cette mécanique diplomatique complexe, un nom retient l’attention : celui de l’avocat franco-togolais Pascal Agboyibor.

Sa nomination, officialisée le 12 mai 2025, au sein de la cellule de coordination stratégique chargée du suivi de cet accord, marque une étape clé dans les pourparlers entre Kinshasa et Washington.

Composée de 22 membres, cette cellule a pour mission de piloter les discussions bilatérales et de garantir la mise en œuvre d’un accord de grande envergure, destiné à offrir aux États-Unis un accès sécurisé aux ressources stratégiques de la RDC — notamment le cobalt, le lithium et le coltan. Ces minerais sont indispensables pour les industries de haute technologie et les transitions énergétiques mondiales, et placent la RDC au cœur des rivalités géopolitiques actuelles.

Une expertise juridique africaine à l’avant-plan

Pascal Agboyibor est le seul avocat siégeant dans l’organe dirigeant de la cellule stratégique, aux côtés de figures politiques de premier plan comme Anthony Nkinzo Kamole (directeur de cabinet du président congolais), la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner ou encore le ministre des Mines Kizito Pakabomba.

Fondateur du cabinet Asafo & Co., Agboyibor est reconnu comme une autorité en matière de droit minier et de financement structuré. Son implication dans des projets sensibles en Afrique subsaharienne et au-delà lui vaut une réputation de négociateur avisé, notamment dans les dossiers mêlant ressources naturelles, souveraineté économique et intérêts géostratégiques.

Présent en RDC depuis plusieurs années, son cabinet a joué un rôle crucial dans la renégociation du partenariat entre la Gécamines (entreprise minière publique congolaise) et le groupe chinois CMOC, autour de la très disputée mine de Tenke Fungurume. Cette opération s’est soldée en 2023 par un accord de 800 millions USD au profit de la RDC, salué comme un succès diplomatique et financier.

Un symbole de la diplomatie togolaise en Afrique centrale

La nomination de Pascal Agboyibor intervient dans un contexte régional sous haute tension. Le président togolais Faure Gnassingbé est actuellement engagé dans une médiation discrète mais décisive entre la RDC et le Rwanda, visant à apaiser les tensions dans l’est du Congo. Dans cette configuration, la participation d’un juriste togolais à un dossier aussi sensible que celui des minerais stratégiques renforce l’image d’un Togo actif et influent sur l’échiquier diplomatique africain.

Fils de l’opposant historique et ancien Premier ministre Yawovi Agboyibo, Pascal Agboyibor incarne une nouvelle génération d’experts africains capables de conjuguer technicité juridique et finesse diplomatique. Sa présence au sein des négociations Congo–États-Unis souligne l’évolution du rôle des compétences africaines dans les arbitrages internationaux.

Selon des sources proches du dossier, la signature de l’accord entre Kinshasa et Washington pourrait intervenir avant la fin du mois de juin 2025. Un tournant pour la RDC, un levier stratégique pour les États-Unis, et un marqueur fort du rayonnement diplomatique du Togo sur la scène continentale.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici