Togo : l’élevage des petits ruminants, un levier de développement rural soutenu par l’État

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Par René DOKOU, le 27 Mai 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Dans les campagnes togolaises, l’élevage des petits ruminants — principalement moutons et chèvres — connaît une dynamique nouvelle. Pratiquée de manière ancestrale, cette activité agricole gagne aujourd’hui en structuration, en productivité et en visibilité, grâce à l’implication croissante de l’État.

Une filière traditionnelle en pleine transformation

Face à une demande toujours plus importante en viande, en lait et en produits dérivés, le gouvernement a mis en place plusieurs initiatives de soutien pour faire de ce secteur un pilier de l’économie rurale.

Un soutien multiforme pour booster la production

Conscient du rôle socioéconomique de l’élevage, le gouvernement togolais a renforcé son accompagnement en direction des éleveurs. Parmi les mesures concrètes : la dotation en aliments pour bétail, la fourniture d’équipements de contention, mais aussi l’organisation régulière de campagnes nationales de vaccination.

Ces campagnes ont permis de protéger des millions de petits ruminants contre des maladies redoutables comme la peste des petits ruminants (PPR) et la clavelée. Les pertes animales et économiques, jadis fréquentes, sont aujourd’hui largement réduites. Par ailleurs, des sessions de sensibilisation sur les bonnes pratiques sanitaires et l’hygiène des enclos viennent compléter cette politique de prévention, permettant aux éleveurs de mieux gérer leurs troupeaux.

Des chiffres qui témoignent de la vitalité du secteur

Les données fournies par le ministère de l’Agriculture illustrent la vitalité de la filière. En 2024, le Togo comptait 2 237 529 ovins, répartis comme suit : 120 160 dans la région Maritime, 723 627 dans les Plateaux, 405 842 dans la Centrale, 354 342 dans la Kara et 633 558 dans les Savanes.

Du côté des caprins — qui regroupent chèvres, boucs et chevreaux — la production est encore plus importante : 6 361 046 têtes, dont 956 586 dans la Maritime, 2 292 074 dans les Plateaux, 944 424 dans la Centrale, 805 937 dans la Kara et 1 362 025 dans les Savanes. Ces chiffres traduisent non seulement une croissance constante de l’élevage, mais aussi une meilleure maîtrise des techniques et des conditions sanitaires par les éleveurs.

Vers une modernisation progressive de la filière

Au-delà des actions immédiates, l’État engage également des efforts en profondeur pour moderniser le secteur. Plusieurs centres d’élevage modernes ont vu le jour dans différentes régions. Dotés de bergeries bien conçues, de systèmes d’abreuvement efficaces et d’infrastructures sanitaires, ces centres jouent un rôle de formation et de démonstration auprès des petits exploitants. Ils permettent de diffuser des techniques innovantes, favorisant une meilleure productivité et un élevage plus durable.

Un autre levier important reste l’accès au financement. Afin de lever les obstacles liés au capital, l’État facilite l’octroi de crédits spécifiques et de subventions, notamment pour l’achat de reproducteurs de qualité. Ces aides permettent aux éleveurs de renforcer la taille et la performance de leurs cheptels, tout en investissant dans des équipements durables.

La structuration du secteur, clé de sa résilience

Enfin, le gouvernement encourage la structuration des acteurs de la filière. Des groupements, unions et coopératives d’éleveurs voient le jour, bénéficiant d’un appui technique et institutionnel. Ces structures permettent de mutualiser les ressources, d’accéder plus facilement aux intrants et au marché, et de négocier collectivement des prix plus justes.

Cette dynamique collective participe à renforcer la résilience des éleveurs face aux chocs climatiques et économiques, tout en stimulant les échanges commerciaux entre régions. Elle contribue également à sécuriser les revenus des ménages ruraux, pour qui l’élevage de petits ruminants représente souvent la principale source de subsistance.

Un avenir prometteur pour l’élevage togolais

Portée par une demande intérieure en pleine croissance et un soutien public renforcé, la filière des petits ruminants au Togo s’impose peu à peu comme un véritable moteur de développement rural. La modernisation en cours, combinée à une structuration efficace des acteurs, ouvre la voie à une amélioration durable des conditions de vie des éleveurs et à une meilleure sécurité alimentaire pour l’ensemble du pays.

Le défi à venir réside dans la pérennisation de ces acquis, leur extension à toutes les zones du pays, et l’intégration de l’élevage dans une vision globale de développement agricole. Le Togo semble sur la bonne voie.

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