Togo : l’eau potable pour tous à l’horizon 2030

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Par René DOKOU, le 18 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo s’est fixé un objectif majeur; celui de garantir l’accès universel à l’eau potable d’ici 2030. Cette échéance, en phase avec l’Objectif de développement durable numéro 6 consacré à l’eau et à l’assainissement, traduit une volonté politique forte. Pour y parvenir, le pays déploie une stratégie qui combine investissements massifs, extension des réseaux, forages, postes d’eau autonomes et mini-adductions.

Le défi des disparités territoriales

Dans un pays où les besoins varient considérablement selon les zones, l’approche se veut différenciée. Les grandes agglomérations nécessitent des infrastructures lourdes, tandis que les localités rurales et semi-rurales privilégient des solutions adaptées à leur réalité. Cette flexibilité est au cœur de la politique nationale, qui entend répondre aux attentes des populations urbaines comme à celles des villages les plus reculés.

Le Grand Lomé en première ligne

La capitale et ses environs concentrent une part importante des investissements. La deuxième phase du projet AEP Lomé 2 mobilise près de 9,84 milliards de francs CFA. Objectif : accroître la capacité d’approvisionnement de 15 000 m³ par jour pour répondre à la croissance démographique. Le projet prévoit la construction de cinq châteaux d’eau à Zossimé, Alinka, Logoté/Sagbado, Attiégou et Dangbessito, ainsi que l’extension des réseaux de distribution. À terme, plus de 200 000 habitants supplémentaires devraient bénéficier d’une desserte améliorée.

Les zones rurales au cœur de la stratégie

L’accès universel ne se limite pas aux grandes villes. Dans les campagnes, où un réseau centralisé serait coûteux et complexe, le gouvernement mise sur des dispositifs autonomes. Lancé en 2021, le programme des postes d’eau autonomes (PEA) prévoit la réalisation de 1 000 unités dans les zones les plus éloignées. En deux ans, 221 PEA ont déjà vu le jour, desservant plus de 120 000 personnes.

Mini-adductions et énergie solaire

Dans les régions des Plateaux et de la Centrale, une autre approche est privilégiée : les mini-adductions d’eau potable. Dix-sept systèmes de ce type, associés à quinze postes autonomes alimentés par l’énergie solaire, sont en cours de réalisation. Ces infrastructures, financées à hauteur de 2,5 milliards de francs CFA, permettent de desservir des localités entières grâce à des dispositifs proportionnés à la taille des populations.

Les Savanes, un chantier structurant

Au nord du pays, les besoins sont particulièrement pressants. Les Savanes bénéficient d’un programme soutenu par l’Agence française de développement (AFD), ciblant notamment Dapaong, Cinkassé, Tandjouaré, Korbongou, Gando et Mandouri. Ce projet prévoit un centre de traitement des eaux d’une capacité de 11 300 m³ par jour, accompagné d’extensions et de modernisations des réseaux existants. À l’échelle du programme, 205 000 branchements particuliers sont programmés et environ 125 000 personnes devraient accéder à l’eau via des bornes-fontaines.

Une mobilisation financière et partenariale

La réussite de cette politique repose sur une articulation entre financements publics et appuis extérieurs. Les milliards de francs CFA mobilisés témoignent de l’engagement de l’État, mais aussi de la confiance des partenaires techniques et financiers. Cette synergie est indispensable pour transformer les ambitions en réalisations concrètes.

L’eau, vecteur de développement

Au-delà des infrastructures, l’accès à l’eau potable est un enjeu de santé publique, de cohésion sociale et de développement économique. Réduire les maladies liées à l’eau insalubre, améliorer la qualité de vie et soutenir les activités productives sont autant de bénéfices attendus. L’eau devient ainsi un levier stratégique pour l’inclusion et la prospérité nationale.

Vers 2030, une échéance décisive

Le chemin reste exigeant, mais les avancées déjà enregistrées montrent que l’objectif est atteignable. Du Grand Lomé aux zones rurales, des Plateaux aux Savanes, chaque région bénéficie d’un plan adapté. La combinaison d’investissements structurants et de solutions locales constitue la clé de voûte de cette politique ambitieuse.

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