Togo : le projet VIEE clôture deux ans d’action pour renforcer paix, cohésion sociale et résilience communautaire

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Par René DOKOU, le 02 Décembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Après deux années d’intervention dans les régions des Savanes et Centrale, le projet « Vivre Ensemble et s’Épanouir » (VIEE) porté par Catholic Relief Services (CRS-Togo) et le Conseil Épiscopal Justice et Paix (CEJP-Togo) avec l’appui technique et financier de l’Union Européenne, s’apprête à tirer sa révérence le 31 décembre 2025.

Mis en œuvre dans un contexte de montée de l’extrémisme violent aux frontières nord du Togo, VIEE s’est voulu une réponse structurée, articulée autour de la prévention, de la cohésion et du renforcement économique des communautés les plus exposées.

Les cérémonies officielles de clôture se sont tenues les 25 et 27 novembre 2025, respectivement à Sokodé pour la région Centrale et à Mango pour la région des Savanes. Autorités administratives, partenaires techniques et financiers, leaders traditionnels, responsables religieux, bénéficiaires et équipes opérationnelles ont salué la portée d’un projet qui, en deux ans, a contribué à retisser des liens sociaux fragilisés et à renforcer la résilience des populations.

À Sokodé, la cérémonie a été présidée par Anathère Talim, Secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, représentant le ministre de tutelle. Autour de lui, les préfets de Tchaoudjo et de Tchamba, ainsi que des délégations des institutions publiques, du CEJP-Togo et de CRS-Togo, ont témoigné de l’importance stratégique d’un projet qui place la paix au centre du développement.

Selon Stella Abidé Djamah, gestionnaire du projet VIEE, l’initiative repose sur une analyse fine des réalités locales :
« CRS a mené une analyse approfondie sur le terrain et cette analyse a révélé les facteurs qui alimentent conflits et radicalisations. Nous avons constaté que la gouvernance communautaire et les relations entre institutions, autorités et populations étaient fragilisées. Sur le plan économique également, l’accès aux ressources a été affecté par la montée de l’extrémisme, d’où la pertinence de renforcer la cohésion inclusive ».

Autonomisation économique : un levier contre la vulnérabilité

La clôture du projet a été marquée par la remise d’équipements à des centaines de jeunes et de femmes, un appui destiné à consolider les activités économiques soutenues au cours des deux dernières années.

« Les équipements remis comprennent des égreneuses de maïs et de riz, des moulins à grain, des tricycles et divers matériels selon les corps de métiers : couture, coiffure, artisanat. Chaque bénéficiaire a reçu l’essentiel pour démarrer ou renforcer son plan d’affaires », a précisé Mme Djamah.

Pour de nombreux bénéficiaires, ces dotations représentent une bouffée d’espoir :
« Grâce au projet VIEE, j’ai reçu un équipement qui va beaucoup m’aider. Je pourrai travailler sereinement, épargner et investir pour soutenir d’autres jeunes. C’est une vraie opportunité pour lutter contre la pauvreté et le chômage », confie un jeune entrepreneur.

Des résultats concrets au service du vivre-ensemble

En deux ans de mise en œuvre, VIEE laisse derrière lui des acquis significatifs, tant sur le plan social qu’économique :

120 Médiatrices de paix ont été formées pour prévenir les conflits et faciliter le dialogue communautaire : (i) 2 000 acteurs communautaires ont été outillés sur les approches de cohésion sociale ; (ii) 4 752 agriculteurs ont été formés au compostage et à l’utilisation de plantes fourragères pour restaurer les terres dégradées ; (iii) 7 191 membres répartis dans 257 groupes d’épargne et de crédit communautaires ont mobilisé plus de 125 millions de FCFA, renforçant ainsi leur autonomie financière ; (iv) 1 000 jeunes ont été formés à l’entrepreneuriat et à la gestion d’activités génératrices de revenus ; (v) 320 microprojets ont été financés pour un total de 196 millions de FCFA et (vi) Plus de 6 500 lots d’équipements scolaires, d’une valeur supérieure à 200 millions de FCFA, ont été distribués dans 128 écoles.

Au-delà des chiffres, le projet a surtout permis de raviver la confiance entre communautés, d’ouvrir des espaces de dialogue et de renforcer la vigilance collective face aux risques d’enrôlement ou de manipulation.

Un héritage pour la paix durable

La clôture du projet ne marque pas une fin, mais un nouveau départ pour les communautés désormais mieux outillées pour faire face aux tensions et aux vulnérabilités. Les partenaires appellent à capitaliser sur ces acquis afin de consolider les dynamiques de paix, de solidarité et de résilience.

Comme le souligne CRS-Togo, l’expérience VIEE constitue un socle solide pour de futures initiatives visant à prévenir l’extrémisme violent, renforcer la gouvernance locale, promouvoir l’inclusion et soutenir la jeunesse.

En attendant la fin officielle du programme le 31 décembre 2025, une conviction domine : la paix n’est pas un état acquis, mais un engagement collectif et VIEE aura montré qu’en dépit des défis, les communautés togolaises savent relever ce défi ensemble. Une reconnaissance et des discours dithyrambiques ont été présentés au partenaire technique et financier qui l’Union Européenne.

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