Par René DOKOU, le 1er Septembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) sort de sa réserve. Face à l’explosion des accidents de circulation qui continuent de faucher des vies sur les routes togolaises, l’organisation de la société civile hausse le ton et met en cause l’inaction des syndicats de transporteurs et de conducteurs.
Dans un communiqué rendu public, le MMLK déplore une situation devenue « dramatique », où les annonces officielles peinent à se traduire en résultats concrets. « Chaque semaine, des familles sont endeuillées par des drames évitables. Pendant ce temps, les organisations censées protéger les usagers et défendre leurs membres brillent par leur silence », accuse le mouvement.
Des mesures officielles jugées inefficaces
Depuis plusieurs années, les autorités étatiques multiplient les annonces de dispositifs pour renforcer la sécurité routière : contrôles, radars, patrouilles et campagnes de sensibilisation. Mais pour le MMLK, ces efforts manquent d’efficacité. Les statistiques d’accidents ne cessent de grimper, faisant des routes togolaises l’un des principaux foyers de mortalité du pays.
« Les dispositifs mis en place n’ont pas réussi à infléchir la tendance. L’application des mesures reste trop faible et souvent limitée à des effets d’annonce », souligne le communiqué.
Des syndicats accusés de passivité
Si les critiques visent les pouvoirs publics, elles s’adressent surtout aux syndicats de transporteurs et de conducteurs, accusés de léthargie coupable. Le MMLK pointe une contradiction flagrante : « Chaque jour, les délégués syndicaux sont visibles sur les routes pour percevoir leurs tickets. Mais ils demeurent invisibles lorsqu’il s’agit d’agir pour la sécurité de leurs membres et des usagers. »
Le mouvement rapporte également les plaintes de nombreux conducteurs qui dénoncent une gestion opaque des cotisations. Les fonds collectés, disent-ils, ne profiteraient guère aux adhérents, et aucune assemblée générale ne viendrait offrir un espace de dialogue. « Ils sont contraints de remplir leurs devoirs, mais privés de leurs droits », insiste l’organisation.
Un appel à la responsabilité et à l’action
Face à cette inertie, le MMLK appelle les syndicats à un « sursaut de conscience ». Le mouvement estime qu’ils doivent assumer pleinement leur rôle de régulateurs dans un secteur marqué par l’anarchie et l’indiscipline.
Parmi les mesures proposées :
la mise en place de sanctions disciplinaires à l’encontre des conducteurs imprudents,
le recyclage obligatoire des chauffeurs pour une meilleure maîtrise du code de la route,
des campagnes régulières de sensibilisation,
et le retrait pur et simple du permis pour les récidivistes.
« Trop de vies sont fauchées chaque semaine. L’heure n’est plus aux discours, mais à des actes forts et visibles », insiste le communiqué.
Une responsabilité collective
Au-delà des syndicats, le MMLK rappelle que la sécurité routière est une responsabilité partagée entre l’État, les organisations professionnelles et les usagers eux-mêmes. L’indiscipline au volant, la vétusté des véhicules, le non-respect du code de la route et la corruption lors des contrôles routiers figurent parmi les causes identifiées de cette hécatombe.
« La sécurité routière ne saurait souffrir d’inaction ni de silence complice. Les syndicats doivent s’engager à être des acteurs crédibles, et l’État doit assurer un suivi rigoureux des règles établies », martèle le mouvement.
Le MMLK, « la voix des sans-voix »
Se présentant comme une sentinelle citoyenne, le MMLK entend maintenir la pression sur tous les acteurs impliqués dans le secteur. Fidèle à son slogan de « voix des sans-voix », il affirme vouloir porter les inquiétudes des usagers et rappeler à chacun ses responsabilités.
« L’heure est grave. Trop de familles pleurent leurs proches. Il est temps de restaurer l’ordre et la discipline sur nos routes », conclut le communiqué.
Alors que les accidents de circulation figurent parmi les premières causes de mortalité au Togo, ce cri d’alarme du MMLK sonne comme un avertissement : sans un engagement ferme et collectif, les routes continueront de tuer.















