Togo : le CAR exige justice, apaisement et dialogue face à la crise

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Par René DOKOU, le 1er Juillet 2025

(IMPARTIAL ACTU)- À la suite des manifestations qui ont secoué la capitale togolaise les 26, 27 et 28 juin 2025, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) est monté au créneau pour exprimer son indignation. Par la voix de son président Yao Daté, le parti a condamné les violences qui ont émaillé ces trois jours de mobilisation et a appelé le gouvernement à faire preuve d’écoute et de responsabilité face aux revendications portées principalement par la jeunesse.

Dans une déclaration faite lundi 30 juin au micro de Radio Victoire, Yao Daté a d’abord exprimé sa solidarité avec les victimes des affrontements et exigé la libération immédiate des personnes interpellées. Il a aussi demandé que les blessés soient soignés aux frais de l’État, pointant du doigt l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre.

« La jeunesse a exprimé son désarroi pendant trois jours. Au lieu d’écouter ce cri du cœur, le gouvernement a choisi de répondre par la répression. C’est regrettable », a-t-il déclaré avec fermeté.

Une jeunesse ignorée, selon le CAR
Pour le président du CAR, cette situation témoigne d’un profond malaise entre la jeunesse et les autorités en place. Il estime que la mobilisation des jeunes est un signal d’alerte qu’il ne faut pas ignorer.

« Les dirigeants doivent comprendre ce que dit la jeunesse et trouver des réponses concrètes à leurs attentes. Opposer la violence à leurs revendications, c’est aggraver la fracture sociale », a martelé Yao Daté.

Le parti, qui se réclame de l’héritage de Me Yawovi Agboyibo, a également dénoncé ce qu’il qualifie de dérives autoritaires du pouvoir actuel. À ses yeux, la situation politique du pays n’a cessé de se dégrader du fait d’un manque de dialogue et d’une volonté persistante d’écarter les voix dissidentes.

Appel à la justice et à la transparence
Le CAR exige l’ouverture d’enquêtes

judiciaires sur les violences ayant causé la mort de plusieurs manifestants. Il estime que les auteurs doivent être identifiés et traduits en justice afin que de tels drames ne se reproduisent plus.

« Il est impératif que la justice se saisisse sans attendre des cas de violences ayant causé des pertes humaines. Il en va de la crédibilité de l’État de droit », a insisté Yao Daté.

Le leader du CAR a également rappelé que sa formation n’a eu de cesse de mettre en garde le gouvernement contre les risques liés à la fermeture du dialogue politique. Il accuse les autorités de faire la sourde oreille aux appels de l’opposition, et d’avoir engagé unilatéralement des réformes sans consensus.

Suspension du processus électoral réclamée

Dans ce contexte de tensions accrues, le CAR appelle à un gel immédiat du processus électoral en cours. Pour Yao Daté, organiser des élections municipales dans un climat de violences et de contestations serait irresponsable et contreproductif.

« Vu l’instabilité actuelle, il est urgent de suspendre le processus électoral. Il faut d’abord restaurer un climat de confiance et de sérénité avant d’envisager toute élection », a-t-il plaidé.

Le parti demande également l’ouverture d’un dialogue national inclusif pour débattre, entre autres, de la réforme constitutionnelle controversée, adoptée sans consultation des forces politiques opposées. Le CAR appelle ainsi à une solution consensuelle pour restaurer la paix et la stabilité.

À l’heure où les tensions politiques gagnent en intensité, la sortie du CAR vient renforcer les appels à une sortie de crise concertée. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, sommé d’écouter, de dialoguer, et surtout d’agir avec responsabilité.

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