Par René DOKOU, le 13 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Après des décennies de lutte politique sans alternance à l’horizon, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre a annoncé mardi avoir enfin identifié la cause profonde de ses échecs répétés : la non-déclassification des archives françaises sur l’assassinat de Sylvanus Olympio en 1963.
Selon Éric Dupuy, porte-parole du parti, l’impossibilité d’un changement démocratique au Togo serait directement liée à cette vérité historique encore enfouie. En clair, tant que ces archives ne seront pas ouvertes, aucune alternance crédible ne serait envisageable. Une révélation majeure. Pendant des années, certains observateurs évoquaient pourtant des problèmes plus prosaïques : divisions internes, stratégie électorale défaillante, absence de projet mobilisateur. Ils se trompaient manifestement. Le véritable verrou, c’était 1963.
Jean-Pierre Fabre, désormais reconverti en enquêteur de l’histoire politique, estime qu’après plus de soixante ans, rien ne justifie encore le secret entourant ces documents. Il cite le Cameroun, l’Algérie ou le Burkina Faso, où des archives sensibles ont été ouvertes. Pourquoi pas le Togo ? La question est posée. Reste à savoir si l’exhumation du passé tient lieu de programme politique pour le présent.
En qualifiant l’assassinat de Sylvanus Olympio de « crime fondateur du régime », le leader de l’ANC annonce de nouvelles démarches. Une orientation stratégique pour le moins originale : au lieu de conquérir l’électorat, convaincre les archivistes ; au lieu de proposer des solutions aux difficultés quotidiennes, interpeller l’Histoire.
Ainsi, après trente ans de lutte infructueuse, l’énigme est résolue. L’alternance ne viendra ni des urnes ni de la mobilisation populaire, mais des cartons poussiéreux des archives françaises. Une conclusion brillante, qui éclaire rétrospectivement le parcours de l’ANC et, peut-être, son avenir.
















