Togo : La remobilisation de la filière café-cacao porte ses fruits grâce à l’appui du PASA.

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Par Impartial Actu le 23 Avril 2020.

(IMPARTIAL ACTU)- Depuis 2013 avec l’appui du Pasa, l’agriculture togolaise a connu des résultats encourageants et impressionnants. Les actions du PASA ont permis de régénérer et/ou de replanter 30.441,56 ha de caféiers et 16.246 ha de cacaoyers sur des prévisions de 24.000 ha et 16.000 ha respectivement pour le café et le cacao, soit un taux de réalisation respectif de 126,8% et 101,5%.

En outre, on note la formation de 1231 élus responsables à la gestion et de 20 élus sur le fonctionnement d’une coopérative, sur l’andragogie (formation des adultes), le nombre des coopératives de base a augmenté de 15. Il en est de même pour les volumes de café et de cacao qui ont accru pendant les deux dernières campagnes respectivement de 24,55% et 2,94%.

Filière café-cacao au Togo, la remobilsation porte des fruits.
Le café et le cacao représentent un sous-secteur important de l’agriculture togolaise et sont deux cultures de rente longtemps pratiquées dans huit (8) préfectures des Régions des Plateaux et Centrale (Agou, Kloto, Danyi, Kpélé, Amou, Wawa et Akébou et Blitta). Ce sous-secteur a représenté dans le passé l’activité principale pour environ 40 000 agriculteurs. Les deux filières ont connu beaucoup d’évolution depuis son introduction au Togo par le colon. Dans le présent mémo qui a pour objectif de renseigner sur cette évolution, il sera présenté l’historique de ce sous-secteur, sa situation actuelle, les actions de relance engagées et les perspectives.

Historique des filières café et cacao au Togo

Le sous-secteur de la culture de café et de cacao togolais a connu beaucoup de mutations depuis les lendemains des indépendances jusqu’à nos jours. Après une période de balbutiement caractérisée par une exploitation extensive, la production de café et de cacao s’est véritablement intensifiée entre 1968 et 1996 avec le programme d’introduction de clones performants, d’appui technique aux producteurs et de construction d’infrastructures rurales conduit par la SRCC (Société National pour la Rénovation et le Développement de la Caféière et de la Cacaoyère Togolaise) et la SAFICC (Structure Nationale d’Appui à la Filière Café-Cacao) par la suite. Pendant cette même période l’IFCC (Institut Français de café et cacao) et plus tard l’IRCC (Institut de Recherche sur le Café et Cacao) étaient chargés de la recherche sur les deux cultures tandis que l’OPAT (Office des Produits Agricoles du Togo) avait le monopole de la collecte des produits, de leur exportation et la stabilisation des prix aux producteurs.

Avec la libéralisation des deux filières intervenue en 1996, l’OPAT a été liquidé faisant place au Comité de Coordination pour les Filières Café-Cacao (CCFCC) pour gérer les deux filières. L’IRCC devenu ITRA/CRAF (Institut Togolais de Recherche Agronomique/Centre de Recherche Agronomique-zone Forestière) poursuit la recherche sur les deux cultures par contre le maillon vulgarisation jadis représenté par la SRCC et la SAFICC a disparu, laissant les producteurs à eux-mêmes dont une faible partie s’est organisée en groupements et en Faîtière des Unions de Producteurs de Café-Cacao du Togo-Groupe d’Intérêt Economique (FUPROCAT-GIE).

Situation au moment d’engagement des actions de relance

A peu près deux décennies de libéralisation, il est constaté une baisse constante des tonnages de café et de cacao produits (Café : 25 903 T en 1991 à 8 000 T en 2008 et Cacao : 29 361 T en 1971 à 7 000 T en 2008 ; Source : DSID).

Les facteurs qui ont contribué à ce déclin sont entre autres (i) le vieillissement du verger faute de son renouvellement ; (ii)le vieillissement des planteurs et le manque de motivation des jeunes à assurer la relève ; (iii) la dégradation continue de l’environnement qui se manifeste surtout par la destruction de la forêt sous l’effet anthropique ; (iv) la recrudescence des maladies et des insectes nuisibles qui attaquent et détruisent les plants ; (v) le manque d’appui technique et de subvention aux planteurs et (vi)l’utilisation de matériel végétal de qualité douteuse.

C’est en prenant la mesure de cette dégradation poussée du sous-secteur café-cacao et des menaces que cela constitue pour ces filières, que, dans la dynamique d’une vision nouvelle, le Gouvernement togolais a opté pour la relance des productions de café et de cacao en 2008. Cette vision s’est traduite par la mise en œuvre des actions importantes dont la mise en place d’un dispositif d’appui-conseil aux producteurs et la réalisation d’une étude sur les perspectives de développements de ces filières qui a fait des propositions d’actions de relance reprises dans la formulation du PASA.

Actions de relance engagées

L’objectif de cette relance est d’amener les producteurs à régénérer les vieilles plantations afin d’améliorer leur productivité et d’installer de nouvelles dans les zones où c’est encore possible pour à terme augmenter les tonnages de production. Ainsi, les augmentations de production visées de 15 000 tonnes de cacao et de 20 000 tonnes de café à l’horizon 2020.

Mise en place du dispositif d’appui-conseil aux producteurs

En application de l’une des recommandations de l’atelier du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP) du 10 au 12 avril 2008 à Tové, l’encadrement des producteurs de café et de cacao a été confié à l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT).

L’ICAT devra assumer cette tâche à travers l’Unité Technique Café-Cacao (UTCC) créée en son sein par décision N°78/MAEP/CAB/SG du 04 août 2008 et réorganisée par l’Arrêté n° 62/11/MAEP/Cab/SG du 15 Juillet 2011.

L’UTCC a pour mission la mise en œuvre, la coordination des programmes d’appui aux producteurs de la zone caféière et cacaoyère. L’UTCC créée a été installée en Septembre 2008 dans l’enceinte de l’ex SRCC.

Les attributions de l’UTCC sont de (i) fournir un appui technique aux producteurs de café et de cacao et à leur organisation, (ii) concevoir et offrir des systèmes performants de formation aux producteurs de café-cacao, (iii) contribuer au développement et à la consolidation des organisations professionnelles agricoles et (iv) Participer à l’orientation des travaux de recherche en café et cacao avec comme objectif principal l’application pratique des résultats.

Faut-il le rappeler, le Programme d’appui au secteur agricole (Pasa) a permis d’initier une action qui vise à régénérer de vieilles plantations afin de promouvoir les anciennes filières. Il s’est agi de réaliser des tailles soutenues et des entretiens réguliers dans les vieilles plantations pour maintenir la pérennité d’importants produits d’exportations en vue d’assurer une croissance constante du secteur agricole au Togo.

Marcel Cassanova

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