Togo : la Fondation KAS forme 30 jeunes au civisme et à l’engagement citoyen

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Par René DOKOU, le 24 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Depuis le 22 septembre, la commune du Golfe 6 accueille un atelier de formation qui se poursuit jusqu’au 24. Il rassemble trente jeunes venus des cinq régions du pays autour de la citoyenneté, de la démocratie et de l’engagement communautaire. L’initiative est portée par la Fondation Konrad Adenauer (KAS).

Cinq jeunes par région, un même objectif

Le Programme Éducation civique des Jeunes au Togo, cohorte 2026, a été lancé officiellement mardi 22 septembre. Chaque région du pays y délègue cinq représentants, ce qui garantit une composition équilibrée à l’échelle nationale.

L’initiative relève du Programme régional « Dialogue politique en Afrique de l’Ouest » de la KAS. Elle est menée en partenariat avec le Ministère de la Justice et des Droits Humains, et son exécution est confiée au cabinet Global Change Consult.

Le contenu des travaux couvre la citoyenneté, le civisme, la démocratie et l’engagement au sein des communautés. Les participants abordent aussi les enjeux du numérique, un domaine devenu incontournable pour la jeunesse.

Sept modules pour structurer l’apprentissage

Sur trois jours, la formation s’appuie sur sept modules conçus avec l’appui des experts du ministère de la Justice. Les échanges portent sur l’engagement citoyen, les défis liés aux outils numériques et les multiples façons de participer à la vie quotidienne et collective.

Louisa Mendoza, directrice adjointe du Programme régional Dialogue politique en Afrique de l’Ouest, a expliqué que l’atelier permet aux participants d’approfondir leurs connaissances et leur réflexion sur l’engagement civique. L’ambition dépasse toutefois le cadre de la salle de formation. Les organisateurs veulent que ces jeunes deviennent des acteurs capables de porter, dans leurs localités respectives, les valeurs de civisme, de dialogue, de tolérance et de responsabilité.

Le maire du Golfe 6 : des convictions aux gestes concrets

Kokou Amenyenou, maire de la commune hôte, a jugé l’initiative particulièrement opportune. À ses yeux, l’éducation civique est l’un des socles du vivre-ensemble, car elle forme des citoyens conscients de leurs droits, mais aussi de leurs devoirs.

L’édile a invité les jeunes à faire de leur engagement une pratique de tous les jours. Il leur a demandé d’observer les lois et les règles communes, de préserver les biens publics et de protéger l’environnement. Il les a aussi exhortés à respecter les différences, à rejeter la violence et à contribuer au règlement pacifique des conflits.

Un diplomate allemand : la leçon de l’après-guerre

L’ambassadeur d’Allemagne au Togo, Stefan Messerer, a défini l’éducation civique comme une condition indispensable à une démocratie solide, inclusive et durable. Il a dressé le portrait d’un monde traversé par de multiples défis : conflits armés, tensions géopolitiques, dérèglement climatique, mutations technologiques et essor de l’intelligence artificielle. Dans ce contexte, les sociétés ont besoin de citoyens capables de s’engager et d’assumer leurs responsabilités.

Le diplomate s’est appuyé sur l’histoire de son pays. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne a fait de l’éducation civique et de la culture démocratique une priorité. Il a rappelé à cet égard le rôle des fondations politiques, dont la Fondation Konrad Adenauer, dans la promotion de la participation citoyenne et du dialogue politique.

Il a enfin remercié la KAS, le ministère de la Justice et les participants pour leur contribution à la réussite de l’événement.

Le ministre de la Justice : tolérance, unité et confiance

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits Humains, Pacôme Adjourouvi, a salué une démarche qui réunit des jeunes d’horizons géographiques différents autour de valeurs communes. Selon lui, cet espace d’échange doit leur apprendre à se tolérer mutuellement et à accepter leurs différences, qu’elles soient philosophiques, religieuses ou politiques.

Le ministre a insisté sur un point : les Togolais doivent préserver ce qui les unit, à savoir leur appartenance à une même nation. Il a rappelé que les jeunes représentent la relève du pays et occuperont demain des responsabilités dans les sphères politique, religieuse et sociale. C’est pourquoi il juge essentiel qu’ils apprennent dès maintenant à travailler ensemble et à respecter leurs différences.

Pacôme Adjourouvi a également exhorté la jeunesse à ne pas se laisser gagner par le découragement. Il a souligné que des opportunités existent et que la réussite passe par la détermination, la confiance en soi et la confiance dans son pays.

Après le Bénin et la Côte d’Ivoire, l’étape togolaise

L’atelier de Lomé s’inscrit dans une dynamique régionale. Des programmes similaires ont déjà été organisés en 2026 au Bénin et en Côte d’Ivoire, avant cette étape togolaise. Cette succession de rendez-vous illustre la volonté de la KAS de poursuivre, à travers son programme ouest-africain, son action en faveur de l’éducation civique et de la participation des jeunes.

La fondation affirme vouloir ainsi contribuer au renforcement de l’engagement citoyen de la jeunesse togolaise et à la consolidation d’une culture du dialogue et du vivre-ensemble.

Des relais du civisme dans les régions

À l’issue des trois jours, les trente participants repartiront dans leurs régions avec de nouveaux acquis, mais aussi avec une mission : diffuser autour d’eux les valeurs travaillées à Lomé. Si l’atelier veut faire de ces jeunes de véritables ambassadeurs du civisme, c’est dans leurs communautés, au quotidien, que se mesurera sa portée.

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