Morsures de serpents : le Togo sonne la riposte

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Par René DOKOU, le 24 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo rejoint pour la première fois la mobilisation mondiale contre les morsures de serpents. Ce mercredi 23 septembre 2026, le Dr Kokou Wotobe, secrétaire général du ministère de la Santé, a lancé à Lomé une campagne nationale de sensibilisation.

Piham Gnossike, coordonnateur du Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMTN), et plusieurs acteurs de la santé assistaient à la cérémonie. L’initiative fait écho à la Journée internationale de sensibilisation aux morsures de serpents, célébrée chaque 19 septembre.

Que faire en cas de morsure ?

Le message des autorités sanitaires est sans ambiguïté : il faut gagner un centre de santé sans perdre de temps. « Il faut calmer la personne et l’emmener le plus rapidement possible dans un centre de santé », insiste M. Gnossike.

Il met en garde contre les pratiques traditionnelles ou improvisées : garrot, incisions, succion de la plaie, application de la « pierre noire ». Ces gestes, prévient-il, sont inefficaces et retardent la prise en charge. Le sérum antivenimeux reste le seul traitement spécifique recommandé, et son efficacité dépend étroitement de la rapidité d’intervention.

Prévenir avant de guérir

« Il vaut mieux prévenir que guérir », rappelle le coordonnateur. Les précautions sont simples :

porter des bottes et des vêtements couvrants lors des travaux des champs ;
s’éclairer avec une lampe lors des déplacements de nuit ;
garder propres les habitations et leurs abords ;
ne jamais manipuler ni provoquer un serpent.
Un péril sanitaire sous-estimé

Dans le monde, les morsures de serpents provoquent chaque année plus de 2 millions d’envenimations et jusqu’à 130 000 décès. Les régions tropicales et subtropicales sont les plus touchées.

Le Togo n’y échappe pas. Entre 2 500 et 4 000 cas sont officiellement recensés chaque année. Selon le PNLMTN, le bilan réel pourrait dépasser 5 000 cas si toutes les victimes se rendaient dans un établissement de santé. Agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, femmes et enfants sont les plus exposés. Les séquelles vont du décès au handicap permanent.

Une baisse de la létalité, mais un chantier encore vaste

Les efforts consentis portent leurs fruits. D’après le coordonnateur du PNLMTN, le taux de létalité recule et le pays « se dirige petit à petit vers la cible de l’OMS », qui vise une réduction de moitié de ce taux par rapport à son niveau de départ.

Il tempère toutefois ce constat : « Il y a beaucoup de choses encore à faire. » Il faut selon lui intensifier la sensibilisation dans les communautés les plus vulnérables, encourager le recours rapide aux soins et faire reculer davantage décès et incapacités.

Le gouvernement mise sur l’accès aux soins

Les pouvoirs publics ont pris plusieurs mesures pour améliorer la prise en charge des victimes. Sur décision du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, une subvention réduit désormais le coût des sérums antivenimeux dans les formations sanitaires.

Le Dr Kokou Wotobe a salué cette décision : ces sérums, a-t-il souligné, coûtent très cher, et il a tenu à rendre hommage au chef du gouvernement. Le ministère forme aussi les professionnels de santé et s’appuie sur un guide national qui uniformise les protocoles de soins.

Un objectif mondial à l’horizon 2030

Placée cette année sous le thème « Les incapacités dues aux envenimations par morsures de serpents », la journée vise à renforcer la prévention et à accélérer la prise en charge. Elle permet aussi d’informer les populations sur les comportements à risque et les réflexes à adopter.

Depuis 2017, l’Organisation mondiale de la santé range les envenimations ophidiennes parmi les maladies tropicales négligées prioritaires. Son ambition : réduire de moitié, d’ici 2030, les décès et les incapacités qu’elles causent.

Former des relais dans les communautés

Pour porter le message sur le terrain, un webinaire de formation a réuni lundi dernier plus de 200 acteurs. L’objectif : qu’ils relaient à leur tour les bonnes pratiques auprès des populations. Des émissions de sensibilisation seront également diffusées dans les médias afin de toucher un public plus large et de réduire décès, handicaps et complications.

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