Par René DOKOU, le 06 Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le ministère de la Planification du développement, en partenariat avec le ministère délégué chargé de la Jeunesse et des Sports et l’Union des Chambres Régionales de Métiers (UCRM), a lancé ce mercredi un appel à candidatures inédit. Objectif : recruter 1500 jeunes filles pour une formation gratuite aux métiers professionnels, dans le cadre de la phase pilote du projet « École de la Chance ».
Une initiative pour l’autonomie des jeunes filles
Cette initiative vise à offrir une seconde opportunité à des jeunes filles vulnérables ou déscolarisées, en leur ouvrant les portes de l’autonomie économique.
Former pour insérer et autonomiser
Le projet s’inscrit dans une logique de renforcement des compétences professionnelles et d’amélioration des perspectives d’emploi. Les bénéficiaires suivront une formation qualifiante de courte durée, allant de trois à six mois, dans des secteurs porteurs. L’ambition est double : faciliter l’accès à l’emploi salarié et encourager l’auto-emploi grâce à des savoir-faire pratiques et directement exploitables.
Un public cible bien défini
Les jeunes filles concernées sont celles âgées de 18 à 24 ans, de nationalité togolaise, sans emploi ou en reconversion professionnelle. Le programme s’adresse en priorité à celles qui ont interrompu leur parcours scolaire ou n’ont jamais été scolarisées. Les candidates ayant déjà entamé une formation dans l’un des métiers proposés mais n’ayant pu la terminer sont également encouragées à postuler.
Des métiers porteurs au cœur du dispositif
La phase pilote, prévue dans le District Autonome du Grand Lomé (DAGL), met l’accent sur des métiers à forte demande sociale et économique. Les formations concernent notamment :
Couture dame africaine
Mercerie
Broderie
Coiffure et tresse
Confection de perruques
Esthétique et maquillage
Pédicure et manucure
Ces filières, choisies pour leur potentiel d’employabilité et leur capacité à générer des revenus, constituent des leviers concrets pour l’insertion des jeunes filles dans le tissu économique.
Modalités de candidature
Les dossiers de candidature doivent comporter une pièce d’identité (CNI, carte biométrique, carte d’électeur ou autre document officiel) ainsi qu’une copie de la dernière attestation obtenue pour les jeunes filles déscolarisées, ou une attestation de formation pour celles en reconversion.
Les dépôts sont ouverts du 6 au 20 mai 2026 dans plusieurs points de collecte : chambres communales de métiers (CCOM), Chambre Régionale de Métiers du Grand Lomé (CRM-DAGL) à Bè-Château, UCRM à Casablanca, maison des jeunes d’Amadahomé et centres de jeunes d’Adétikopé, Togblekopé et Avédji. Les horaires sont fixés de 07h00 à 12h00 et de 14h30 à 17h30, les jours ouvrables.
Une option numérique est également disponible : les inscriptions peuvent se faire en ligne via un code QR dédié.
Centres de formation : des critères stricts
Le projet ne se limite pas aux apprenantes. Les centres et ateliers de formation professionnelle intéressés sont invités à se porter candidats pour accueillir les bénéficiaires. Les conditions sont précises :
Être légalement établis (agrément ou autorisation d’installation)
Justifier d’au moins cinq années d’expérience en formation professionnelle
Disposer de formateurs qualifiés et mobilisables pour des modules courts
Posséder des équipements et supports pédagogiques adéquats
Offrir une capacité d’accueil suffisante, avec possibilité d’hébergement
Garantir l’accessibilité aux personnes en situation de handicap
Les dossiers doivent inclure une copie du récépissé d’agrément ou de la carte professionnelle d’artisan, le diplôme du responsable du centre, un curriculum vitae détaillé du centre précisant les années d’expérience, ainsi que les CV des formateurs pressentis. Le dépôt est gratuit et suit le même calendrier que celui des apprenantes.
Une réponse aux défis de l’insertion
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale de lutte contre le chômage et la précarité des jeunes. En ciblant spécifiquement les jeunes filles vulnérables, le projet « École de la Chance » répond à un double enjeu : réduire les inégalités sociales et promouvoir l’inclusion économique.
Dans un contexte où de nombreuses jeunes filles se retrouvent en marge du système éducatif et professionnel, cette formation gratuite constitue une passerelle vers l’autonomie et la dignité retrouvée.
Un projet pilote à vocation nationale
Bien que concentrée sur le Grand Lomé pour sa phase initiale, l’ambition du projet est nationale. Les autorités envisagent d’étendre progressivement l’initiative à d’autres régions du pays, afin de toucher un plus grand nombre de bénéficiaires. L’expérience pilote servira de laboratoire pour ajuster les modalités, renforcer les partenariats et optimiser l’impact.
Vers une société plus inclusive
Au-delà de l’aspect technique, « École de la Chance » porte une vision sociale. Former une jeune fille, c’est transformer une famille et, par extension, une communauté. En donnant aux bénéficiaires les moyens de créer leur propre emploi ou d’intégrer le marché du travail, l’État contribue à bâtir une société plus équitable et résiliente.
Le projet illustre la volonté des pouvoirs publics de conjuguer développement économique et inclusion sociale, en mettant l’accent sur une catégorie souvent marginalisée.
Avec 1500 places ouvertes, « École de la Chance » représente une opportunité unique pour des jeunes filles togolaises en quête d’avenir. Ce programme pilote, alliant formation qualifiante, encadrement professionnel et accompagnement institutionnel, pourrait devenir un modèle de politique publique en faveur de l’autonomisation féminine.
Le défi reste de pérenniser l’initiative, d’assurer la qualité des formations et de garantir l’insertion durable des bénéficiaires. Mais déjà, l’appel lancé résonne comme une promesse : celle d’un avenir où chaque jeune fille, même vulnérable, peut trouver sa place dans la société et contribuer activement au développement du pays.
















