Par René DOKOU, le 31 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Au Togo, l’accès à l’eau potable reste une priorité nationale, en particulier dans les zones rurales où les bornes-fontaines demeurent souvent la principale source d’approvisionnement.
Une initiative pour un accès plus équitable à l’eau
Consciente de ces inégalités, la Société togolaise des eaux (TdE) a franchi une étape majeure en 2024 en réalisant 2 515 branchements privés sur l’ensemble du territoire. Une avancée qui répond à la volonté de rapprocher le service de l’eau des citoyens et d’améliorer durablement leur qualité de vie.
Cette opération s’inscrit dans un vaste programme de couverture nationale en eau potable. Alors que les centres urbains ont connu ces dernières années une amélioration constante, certaines localités de l’intérieur du pays subissent encore des périodes de pénurie ou des ruptures temporaires, notamment en saison sèche. Le recours excessif aux bornes-fontaines engendre des files d’attente longues et chronophages, affectant particulièrement les femmes et les jeunes filles, principales responsables de la collecte d’eau dans les foyers.
Des branchements à domicile pour soulager les populations
L’objectif principal du programme est de désengorger les bornes publiques et de permettre à chaque ménage d’avoir un point d’eau chez lui. Ce choix stratégique répond à un double enjeu : réduire les pénibilités liées à la collecte de l’eau et renforcer la résilience des communautés face aux défis climatiques. L’eau courante à domicile améliore l’hygiène, réduit les risques sanitaires et offre une meilleure qualité de service.
En 2024, la répartition des branchements privés par région témoigne d’un effort d’équité territoriale. La région Maritime arrive en tête avec 1 310 branchements, suivie des Plateaux avec 465 raccordements. La région centrale compte 126 nouveaux branchements, la Kara 230, tandis que la région des Savanes a bénéficié de 206 installations.
Un programme socialement inclusif
Pour assurer une inclusion sociale effective, la TdE a mis en place un système de tarification sociale avec des facilités de paiement destinées aux ménages modestes. Cette démarche est appuyée par des partenaires techniques et financiers tels que l’Agence française de développement (AFD), ainsi que par les efforts constants du gouvernement togolais.
Déjà, pendant la crise sanitaire liée à la Covid-19, la TdE avait considérablement réduit les coûts de branchement, facilitant ainsi l’accès de nombreux foyers à un service vital. Ce modèle a été maintenu et renforcé, permettant à des milliers de familles, parfois les plus vulnérables, de bénéficier de leur premier point d’eau à domicile.
Des infrastructures modernisées pour accompagner l’effort
Au-delà des branchements individuels, la TdE investit dans l’extension et la modernisation du réseau de distribution. Des kilomètres de conduites sont posés ou renouvelés chaque année, notamment dans les zones rurales et semi-urbaines. Ces travaux visent à fiabiliser le service, réduire les pertes d’eau et anticiper l’augmentation de la demande.
L’approche est holistique : elle combine développement du réseau, extension du service, amélioration de la qualité de l’eau et sensibilisation des usagers à une utilisation responsable. C’est un travail de longue haleine, mais essentiel pour construire un système d’approvisionnement durable et accessible à tous.
Une ambition claire : l’accès universel d’ici 2030
Le programme de branchements privés s’inscrit dans la stratégie nationale pour l’eau, en cohérence avec les Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 6 qui vise un accès universel et équitable à l’eau potable d’ici à 2030. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement togolais multiplie les initiatives structurantes : construction de nouvelles stations de traitement, réhabilitation des réseaux vieillissants, et décentralisation du service public de l’eau.
Ce volontarisme est salué par les populations bénéficiaires, qui voient peu à peu leur quotidien transformé. Pour elles, l’eau potable n’est plus une ressource lointaine, mais un droit concret et quotidien. Le cap est désormais clair : faire de l’accès à l’eau un levier de développement, de santé publique et de dignité humaine.
















