Sorties officielles : retour à une pratique de 1992 sous l’autorité du Président du Conseil

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Par René DOKOU, le 20 Juin 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Au Togo, une nouvelle directive officialise, à compter de ce mois de juin 2025, l’exigence d’une approbation préalable du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, pour toute mission à l’étranger, sortie du territoire national, ou demande de passeport de service émanant des hauts responsables de l’État.

Cette mesure, formalisée dans une lettre circulaire datée du 30 mai 2025 et signée par la Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Mme Ablamba Ahoéfa Johnson, marque un tournant administratif, mais s’inscrit en réalité dans une continuité historique bien établie depuis 1992.

Le document, adressé aux principales institutions de la République, consacre une étape de validation centralisée pour les ordres de mission et autorisations de sortie du territoire. Concrètement, toute demande devra désormais transiter par la Présidence du Conseil pour validation préalable, avant même son instruction par les ministères concernés.

Une tradition administrative relancée

Loin d’être une nouveauté absolue, cette disposition s’inscrit dans la tradition administrative du Togo. Avant la création de la Primature, les ordres de mission relevaient directement du Président feu Gnassingbé Eyadéma. Après la Conférence nationale souveraine et l’instauration du multipartisme, c’est le Premier ministre Joseph Kokou Koffigoh qui hérita de cette prérogative à partir de 1992, dans le cadre de la nouvelle organisation institutionnelle du pays.

Depuis lors, les Premiers ministres successifs, notamment Komi Sélom Klassou puis Victoire Tomegah-Dogbé, ont exercé cette compétence, en cohérence avec leur rôle de chefs du gouvernement.

Une évolution institutionnelle cohérente

Avec la nouvelle architecture politique introduite par la Cinquième République, la Primature a été supprimée. En conséquence, ses fonctions ont été transférées au Président du Conseil, qui assure désormais les responsabilités de coordination et de conduite de l’action gouvernementale. À ce titre, le retour de cette prérogative sous son autorité est perçu comme une réattribution logique et conforme à la nouvelle organisation de l’exécutif.

Il convient donc de souligner que cette centralisation n’est pas une rupture, mais bien une adaptation administrative à l’évolution des institutions. L’objectif affiché est de renforcer la cohérence, la traçabilité et la discipline dans la gestion des missions officielles.

Une clarification attendue

La circulaire du 30 mai intervient également dans un contexte de clarification des rôles et circuits administratifs, consécutivement aux réformes institutionnelles. Elle vise à établir un cadre plus rigoureux pour les déplacements des cadres de l’État, dans un souci de gouvernance responsable.

Désormais, chaque demande d’ordre de mission, de passeport de service ou d’autorisation de sortie du territoire devra être soumise, examinée et approuvée par le Président du Conseil, avant toute procédure administrative ultérieure.

En somme, cette décision remet en lumière une pratique vieille de plus de trois décennies, tout en la réajustant au nouvel organigramme gouvernemental.

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