Par René DOKOU, le 11 Juin 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Des chiffres à relativiser : le chiffre de 330 000 personnes en insécurité alimentaire, relayé par le Programme alimentaire mondial (PAM) et repris par RFI, ne reflète pas la situation actuelle. Il s’agit d’un scénario hypothétique fondé sur l’absence totale d’assistance humanitaire. Sur le terrain, les mécanismes de soutien et de régulation continuent de fonctionner, offrant une réalité bien différente.
Un dispositif national structuré
Le Togo dispose d’un système de sécurité alimentaire consolidé. L’Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSAT) gère des stocks stratégiques oscillant entre 10 000 et 15 000 tonnes de céréales. Chaque année, elle collabore avec 500 à 600 organisations paysannes pour garantir un approvisionnement régulier des marchés. Cette organisation permet de prévenir les ruptures et de stabiliser les prix.
Des prix maîtrisés
Dans les Savanes, le maïs se vend actuellement à 147 FCFA le kilo, contre 143 FCFA à Kara. La grande saison agricole en cours laisse entrevoir une possible baisse supplémentaire. Ces indicateurs traduisent une stabilité qui contraste avec les projections alarmistes.
Contrôles sur les exportations
Pour préserver les réserves locales, le gouvernement maintient des restrictions sur les exportations de céréales depuis les Savanes vers l’extérieur du pays. Cette mesure vise à protéger les populations locales et à garantir la disponibilité des denrées de base.
Assistance directe aux ménages vulnérables
Entre janvier et juin 2026, 18 700 personnes ont bénéficié de transferts monétaires, représentant plus de 310 millions FCFA injectés dans l’économie locale. Ces aides renforcent la résilience des ménages et soutiennent la consommation dans les zones fragiles.
L’alimentation scolaire comme pilier
Le programme national d’alimentation scolaire couvre désormais 210 000 élèves répartis dans 1 181 établissements. Au‑delà de la nutrition, il favorise la fréquentation scolaire et contribue à l’équilibre social dans les régions rurales.
Le rôle du PAM sur le terrain
Si ses projections servent d’outil d’alerte, le PAM reste actif au Togo. Dans les Savanes, 63 500 personnes bénéficient de son appui. Par ailleurs, le Port autonome de Lomé demeure un corridor humanitaire stratégique pour l’Afrique de l’Ouest, facilitant l’acheminement de vivres et de matériels.
Une lecture nuancée des données
Les projections du Cadre harmonisé doivent être comprises comme des instruments de mobilisation et non comme des constats figés. Elles visent à anticiper les risques et à déclencher des réponses rapides. Or, sur le terrain, les dispositifs de stockage, d’assistance et de soutien à la production agricole continuent de jouer leur rôle.
La situation dans les Savanes ne se résume pas aux scénarios prospectifs relayés à l’international. Les mécanismes mis en place par l’État et ses partenaires, combinés à la stabilité des prix et aux programmes sociaux, témoignent d’une résilience réelle.
Les projections alarmistes doivent donc être replacées dans leur contexte : elles alertent, mais ne traduisent pas fidèlement la réalité quotidienne des populations.
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