Par René DOKOU, le 09 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Cinq journalistes de Radio Pyramide FM ont été licenciés pour faute grave par la direction du Groupe Média Pyramide, dirigé par Germain Wona. Une décision que les intéressés contestent vigoureusement, estimant qu’aucune grève n’a été observée et que leur démarche relevait exclusivement de revendications sociales légitimes.
Les journalistes concernés Richard Aziague, David Cudjoe Amekudzi, David Assimadi, Maruis Attor et Jean-Jacques Snoby Attikpo affirment avoir agi dans un cadre strictement professionnel et pacifique, face à des conditions de travail qu’ils jugent devenues intenables.
Des revendications sociales à l’origine du bras de fer
Selon leur version, un premier courrier a été adressé à la direction générale dès le 15 décembre 2025. Les journalistes y dénonçaient plusieurs difficultés majeures : suppression du crédit de communication, insuffisance ou dégradation du matériel de travail compromettant la production des émissions et des journaux, mais aussi des manquements sociaux plus graves. Ils évoquent notamment l’absence de déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’inexistence d’assurance maladie et l’absence de congés.
Face au silence de la direction, un préavis de grève a été transmis, avant d’être volontairement suspendu à la suite d’une tentative de médiation. « La grève n’a jamais été observée. Nous avons officiellement écrit pour y surseoir », soutiennent les journalistes.
Une rencontre, puis un licenciement inattendu
Une rencontre a effectivement eu lieu entre les journalistes et le PDG du groupe. Mais selon les licenciés, les échanges se seraient concentrés davantage sur la forme de leurs correspondances que sur le fond des revendications soulevées. À l’issue de cette réunion, un courrier de remerciement est adressé à la direction le 7 janvier 2026.
Contre toute attente, le lendemain, les cinq journalistes reçoivent une notification de licenciement avec effet immédiat pour faute grave. La direction évoque une action revendicative jugée irrégulière, un préavis de grève non conforme à l’article 324 du Code du travail togolais, ainsi qu’un manquement à l’obligation de loyauté envers l’employeur.
Un dossier emblématique pour les médias privés
Cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour des conditions de travail dans les médias privés au Togo, ainsi que les limites et modalités du droit de revendication des journalistes. La qualification de faute grave, alors même que l’existence d’une grève est formellement contestée par les concernés, soulève des interrogations juridiques majeures.
Le dossier pourrait désormais être porté devant l’inspection du travail ou les juridictions compétentes, dans un contexte où la protection des droits sociaux des professionnels des médias demeure un enjeu sensible et largement débattu.
















